ACTE III, SCÈNE V
Quiconque vous Ta dit s'est voulu divertir.
clarice, à Lucrèce.
]st-il un plus grand fourbe?
Lucrèce, à Clarice.
Il ne sait que mentir.
DORANTE
e ne le fus jamais; et si, par cette voie, )n pense...
Et vous pensez encor que je vous croie? 970
DORANTE
)ue la foudre à vos yeux m'écrase si je mens!
Jn menteur est toujours prodigue de serments.
DORANTE
ton, si vous avez eu pour moi quelque pensée )ui sur ce faux rapport puisse être balancée, Cessez d'être en balance, et de vous défier 075
)e ce qu'il m'est aisé de vous justifier. clarice, à Lucrèce.
)n dirait qu'il dit vrai, tant son effronterie ivec naïveté pousse une menterie.
DORANTE
*our vous ôter de doute, agréez que demain
m qualité d'époux je vous donne la main. 980
lé ! vous la donneriez en un jour à deux mille.
DORANTE
Certes, vous m'allez mettre en crédit par la ville, lais en crédit si grand que je crains les jaloux.
— Garcia : Vive Dios, que soy soltero.
— Jacinta : Y lo jura.
«Pourquoi? — Parce que vous êtes marié. — Moi, mnrié! — Vous. — Je ois garçon, vive Dieu! Celui qui a dit le contraire vous a menti. — Vis-tu imais plus grand trompeur? — Il ne sait que mentir. — Croyez-vous me le ersuader? — Oui, vive Dieu ! que je suis garçon. — Il le jure ! »
978. — Corneille dit également pousser une suite, un bruit, un transort:
Un moment ]>ousse et rompt un transport violent. (Pompée, 1080.)
980. Donner la main équivaut ici, et souvent chez Corneille, a épouser:
Après cette victoire, il n'est point de Romain
Qui ne «oit glorieux de vous donner la 7nain. (Horace, 1182.)
Il faut aller a Rome, ou me donner la main. (Sophonisbe, 669.)
Il paraît, dit M. Littré, que c'est Corneille qui, à l'imitation des Espagnols ni disent darse las manos pour se marier, a introduit donner la main pour pouser, et autres locutions semblables.
C'est tout ce que mérite un homme tel que vous,
Un homme qui se dit un grand foudre de guerre, 985
Et n'en a vu qu'à coups d'écritoire ou de verre ;
Qui vint hier de Poitiers, et conte à son retour
Que depuis une année il fait ici sa cour;
Qui donne toute nuit festin, musique et danse,
Bien qu'il l'ait dans son lit passée en tout silence; 990
Qui se dit marié, puis soudain s'en dédit :
Sa méthode est jolie à se mettre en crédit!
Vous-même apprenez-moi comme il faut qu'on le nomme.
cliton, à Dorante.
Si vous vous en tirez, je vous tiens habile homme.
dorante, à Cliton.
Ne t'épouvante point, tout vient en sa saison. 995
(A Clarice.) De ces inventions chacune a sa raison ; Sur toutes quelque jour je vous rendrai contente; Mais à présent je passe à la plus importante.
J'ai donc feint cet hymen : pourquoi désavouer Ce qui vous forcera vous-même à me louer ? 1000
Je l'ai feint, et ma feinte à vos mépris m'expose : Mais si de ces détours vous seule étiez la cause ?
Moi?
DORANTE
Vous. Écoutez-moi. Ne pouvant consentir... cliton, à Dorante.
De grâce, dites-moi si vous allez mentir. dorante, à Cliton, Ah ! je t'arracherai cette langue importune. i OOSi
(A Clarice.) Donc, comme à vous servir j'attache ma fortune, L'amour que j'ai pour vous ne pouvant consentir Qu'un père à d'autres lois voulût m'assujcttir...