GÉRONTE, PHILISTE
GÉRONTE
Je ne pouvais avoir rencontre plus heureuse Pour satisfaire ici mon humeur curieuse. Vous avez feuilleté le Digeste à Poitiers,
1441. Var. Argante. — La suit8 d'un procès est an fâcheux martyre. Gérontc. — Vu ce que je vous suis, vous n'aviez qu'à^ m'écrira Et demeurer chez vous en repos à Poitiers. J'aurais sollicité pour vous en ces quartiers. Le voyage est trop long. et. dans l"ge où vous êtes, La santé s'intéresse aux efforts que vous faites. Mais, puisque VOUS voici, je vous veux faire voir Et si j ai des amis et si j'a du pouvoir. Faites-moi la faveur cependant de m'apprend re Quelle est et la famille et le bien de Pyrandre. Argante. — Quel est-il, ce Pyrandre ?
Ucronlc. Un de vos citoyens. — (1G44-16B6
Quel est cet Armante, interlocuteur de Géronte ? La liste des acteurs lui donne le titre d» "^ntilhomme de Poitiers, ami de Géronte. « Voici, dit Voltaire, un monsieui Argante dont le spectateur n'a point encore entendu parler, qui arrive sous prétexte de solliciter un procès, mais effectivement pour détromper Géronte et lui ouvrir les yeux sur toutes les faussetés que lui a débitées son fils. Peut-être désirerait-on qu'il fût annoncé dès le premier acte; c'est du moins une des règles de l'art. On doit rarement introduire au dénouement un personnage qui ne soit à la fois annoncé et attendu. » C'est précisément pour ces motifs que Corneille, dont Voltaire suit le texte primitif, s'est déterminé à refondre cette scène entière : « Le plaideur de Poitiers, dans le Menteur-, avait le même défaut (le défaut de n'être pas connu dès le premier acte) ; mais j'ai trouvé le moyen d'y remédier en cette édition, OÙ le dénouement se trouve préparé par Philiste et non par lui. » Keste à savoir si cette substitution même est bien heureuse ; il y a quelque chose de cruel dans la froide ironie avec laquelle Philiste désabuse (ii route; on dirait qu'il prend plaisir à lui bien faire sentir à quel point il est dupe. Ajoutons que Le personnage de Philiste est assez peu intéressant. Dans l'espagnol, qu'analyse de très près M. Viguier, un jeu de scène ingénieux amené d'un côté de la scène le vieux don Beltran B'entretennnt avec don Juan de Sosa (Alcîppe); «le l'autre, Garcia et Tristan. Les deux groupes se rejoignent, et le père détrompé accable son fils de sa colère éloquente. Mais tout n'est pas à Louer eber Alareon, quoi qu'en dise M. Viguier, et Corneille va bientôt reprendre l'avantage: car c'est la seeornle l'ois que don Beltran aura l'occasion de réprimander son (ils. tandis que Corneille a réservé pour le cinquième acte son unique coup de théâtre dont l'ellet sera d'autant plus saisissant