‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 329 sur 420 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Si bien qu'Antiochus, percé do mille coups,

Près do tomber aux mains d'une troupe ennemie,

Lui voulut dérober les restes de sa vie,

Bt, préférant aux fers la gloire de périr, 225

Lui-même par sa main acheva de mourir.

La reine, ayant appris cette triste nouvelle,

En reçut toi après une autre plus cruelle :

Que Nicanor vivait ; que, sur un faux rapport,

e premier époux elle avait cru la mort; 230

Que, piqué jusqu'au vif contre son hyménée, Son àme à limiter s'était déterminée", Et que, pour s'affranchir des fers de son vainqueur, Il allait épouser la princesse sa sœur.

C'est cette Rodogune, où l'un et l'autre frère 235

Trouve encore les appas qu'avait trouvés leur père. La reine envoie en vain pour se justifier; On a beau la défendre, on a beau le prier: On ne rencontre en lui qu'un juge inexorable, Et son amour nouveau la veut croire coupable . 24tf

Son erreur est un crime, et pour l'en punir mieux Il veut même épouser Rodogune à ses yeux, A* radier de son front le sacré diadème, Pour ceindre une autre tète en sa présence même; Soit qu'ainsi sa vengeance eût plus d'indignité, 245

Soit qu'ainsi cet hymen eût plus d'autorité,

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