‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 331 sur 420 · Envoyer, pris absolument, commo dans (Anna, V, ni · texte numérisé non relu

Envoyer, pris absolument, commo dans (Anna, V, ni

238. Cet hémistiche est-il une réminiscence des vers célèbres :

La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles.

On a beau, la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles

Et nous laisse crier.

(Malherbe, Stances à Du Pvrinr.)

245. Voyez au vers 578 indianilé pris dans le sens d'outrage. 210. Plut d'an'orilë, plus de valeur, plus de poids, de crédit. Le mot latin Qticiorttas est employé dans ce sens, que Voltaire a tort de ne pas admettre.

Et qu'il assurât mieux par cette barbarie Aux enfants qui naîtraient le trône de Syrie.

Mais tandis qu'animé de colère et d'amour, Il vient déshériter ses fils par son retour, 250

lit qu'un gros escadron de Parthes pleins de joie Conduit ces deux amants, et court comme a la proie, La reine, au désespoir de n'en rien obtenir, Se résout de se perdre ou de le prévenir. Elle oublie un mari qui veut cessar de l'être, 255

Qui ne veut plus la voir qu'en implacable maître, Et, changeant à regret son amour en horreur, l-.lle abandonne tout à sa juste fureur. Elle-même leur dresse une embûche au passage, Se mêle dans les coups, porte partout sa rage, 260

En pousse jusqu'au bout les furieux etfets. Que vous dirai-je enfin ? les Parthes sont défaits ; Le toi meurt, et, dit-on, par la main de la reine ; Ro logune captive est livrée à sa haine.

Tous les maux qu'un esclave endure dans les fers, 265

Alors sans moi, mon frère, elle les eût soufferts, la reine, à la gêner prenant mille délices, Ne commettait qu'à moi l'ordre doses supplices ; Mais, quoi que m'ordonnât cette àme toute en feu,

254. « Se résout de se peulrc est un solécisme. Je- me résous ri,. je résous rie; il s'est résolu à mourir, il a résolu de mourir.» (Voltaire.) Corneille a en ploya aussi se résoudre à; mais en écrivant ici, dans fl&race (V, m) et dans IVicomrdf (IV, n) .se résoudre de, il ne faisait pas plus un solocisme quo lorsqu'il écrivait dans l'examen de cette même liodojune : « Enfin, elle se résout par désespoir de les perdre tous deux. » On voit dans le Dictionnaire de M. l.ittr1 do nombreux exemples empruntés à Malherbe, à La Fontaine, à M»,e de Sovigné, à Racine, à Montesquieu, même, — qui L'eût dit? --à Voltaire.

2G0. On trouve â la fois dans Corneille se mêlera et se mêler dan*, se mêler aux vœux d'une troupe infidèle (Poly-vcle, vers 638) et se mêler dans un désespoir, a peu près comme La Bruyère dit {Carat i> rest XII se mêler dan* le peuple, et Molière se mêler dans le brillant commerce (Misanthrope, II, v). Celto réserve faite, 0:1 peut partager l'avis d • Voltaire : « Il valait mieux dire : se mil/' aux combattants. »

263. Ce dit-Oll, glissé là si discrètement, n'est pas de remplissage; il diminue l'horreur de la situation, et, sans nous assurer do tout, nous permet de tout deviner.

ioi. Pour gêner, dans le sens de torturer, voir la nol ■ du vers îs. — Prtntlrc de* délice*, pou- prendre du plaisir, n'est pas très commun, r.ous L'accorderont a Voltaire ; mais mille délices peut s»; défendre par un très bon exemple de Molière :

Les uns à s'exposer trouvent mille driiccs ; Mol, j'<'ii trouve à nu- conserver.

[Amphitryon, II, i.|

26X Commettret confier, dans le sens du latin eommittere.

269. Corneille a dit ailleurs [Théodore, vers IÎ17) : « L'âme toute m feu, lei yeux étincolants. » Rolrou Bppelle la jeunesse • cel âge de feu » {Vencesltiit iV, n, et pascal doui parle admjrabli menl de ces «passions de l'eu » qui i

Page 1