Var. « Je l'ai trop acheté pour t'en faire un présent
Crains tout ce qu'on peut craindre eu te désabusant » (1647-50.)
42S. S'apprête â Vnppare.il n'est pas un barbarisme, comme le croit Voltaire : Au, c'est le latin ad. Sur le sens réel de pompeux, consultez la note du vers 1.
« Lor:-que Cléopâtre mourante révèle à son fils ses crimes et ses affreux projets, c'est la passion qui l'enlraîne; sa haine ne peut plus agir; elle n'a d'autre soulagement que de la déclarer; ses révélations sont donc parfaitement naturelles; mais les révélations que ClcopUtte l'ait à Laonice dans les premiers actes ne le sont point, parce que ce sont de simples développements de caractère, savamment donnés par le personnage lui-même, au lieu d'êlre naturellement provoqués par les événements. » (Guizot, Cofiieitte cl son temps, p. 239). On a reproché aux personnages de Corneille de parler longuement et de parler beaucoup d'eux-mêmes. • Ils parlent trop pour se faire
lOi RODOGUNE.
LAOXICE.
La joie en est publique, et les princes tous deux
Des Syriens ravis emportent tous les vœux : 430
L'un et l'autre fait voir un mérite si rare,
Que le souhait confus entre les deux s'égare;
Ht ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement
N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement.
Ils penchent d'un côté, prêts à tomber de l'autre : 435
Leur choix pour s'affermir attend encor le vôtre,
Et de celui qu'ils font ils sont si peu jaloux,
Que votre secret su les réunira tous.
CLÉOPATRE
Sais-tu que mon secret n'est pas ce que Ton pense ?
LAONICE
J'attends avec eux tous celui de leur naissance. 440
CLÉOPATRE
Pour un esprit de cour, et nourri chez les grands, Tes yeux dans leurs secrets sont bien peu pénétrants. Apprends, ma confidente, apprends à me connaître. Si je cache en quel rang le ciel les a fait naître,
connaître», a dit Vauvenargues ; comment les connaîtrait-on s'ils ne parlaient pas? Uno seule action dramatique ne saurait renfermer assez de faits, ou assez de circonstances pour que de pareils caractères s'y déploient tout entiers et montrent, dans ce qu'ils font, tout ce qu'ils seraient capables do faire .. C14ooâtre, gênéâ par sa situation, ne peut faire éclater la violence de sa h-iine et l'inflexibilité de son ambition; le temps lui manque pour développer à nos feux la marche de ses combinaisons; elle nous les détaille pour nous les apprendre. » (Ibid., p. 237-38). Dans son Discours sur le poème dramatique, Corneille distinguo entre cette seconde scène et la scène v de l'acte Ier : « Quand Aristote, dit-il, parle d'une tragédie Bans mœurs, il entend une tragédie OÙ les icteurs énoncent simplement leurs sentiments ou ne les appuient que sur des -.aisonncments tirés du fait, comme Cléopàtra dans le socond acte do Rodogune, et non pas sur des maximes de morale et de politique, comme Rodogune dans son premier acte. »
i:{-2. C'est-à-dire : que La sympathie confuso, incertaine de la multitude ne sait sur qui se fixer. Œdipe dit : « ma naissance eonpuse » (V. 1198). C'est à peu de chose près Le vers de Virgile :
Scinditur biccrlum studio in contraria vulgus.
434. Ascendant, influence, pouvoir. — Mouvement, pris au figuré, est tresoomjuin dans le théâtre du xvi tu siècle; en y substituant gentiment dans quelques passages, Corneille en a marqué le sens exact.
V.'.l. JalOUX, sens étymologique : ils sont, si peu /..-les pour, ils tiennent si
Voyez Nicomède, v, ix.
■ m Kourri, élevé, formé. c\'. Nicomède, i, i, '2. On connaît L'apostrophe do
Rodrigue :
Paraisse/, Navarrais, Mores el C.ast i dans,
El loul <• • que L'Espagne s nourri de vaillants.
Corneille a même osé dire (Cid, v. 589) ; « son bras nourri dans les alarmes ».
442. Pénéttanls dan* est uni tournure peu commune; car pénétrant* est plutôl Ici adjectif que participe
in. il l'agii ici du droit d'aînesse ; nim/ signifie, non pas la condition, niais l'ordre do la naissance, commo lo montre bien le vers suivant.