Réduit, borné, ne se construit plus guère qu'avec à
538. IS'e est supprimé chez Corneille après de peur que, à moins que, après les verbes craindre, empêcher. « Quelques-uns dit Thomas Corneille dans ses notes sur Vaugelas (p. 939) omettent la particule ne après de peur et après les verbes craindre et empêcher. Je crois qu'il est mieux do mettre la négative dans toutes ces phrases. » Les deux frères , comme on le v.it par nos exemples, n'étaient pas d'accord sur ce point. Chez noire poète , l'omission de ne dans ces locutions était un parti pris bien arrêté. Plus d'une fois il lui est arrivé do supprimer la négation, en retouchant ses pièces , dans des endroits où il l'avait mise d'abord. >. (M. Marty-La veaux.) Cf. Nicomède{\. 83,156, 187). M. Liltré admet encore la suppression de ne dans ces tournures, mais en vers seulement, et cite un exemple do Lamartine. — Si l'on substituait à ce vers si plein et si net la correction proposée par Voltaire : « il m'en fallut choisir un, de peur qu'il n'en prit un, » on aurait une construction fort grammaticale, mais fort peu poétique.
Var. « Et de peur qu'il n'en prît... » (1G47-.jG).
539. Pour vous sauve»; pour vous conserver le trùne, latinisme, que blâme à tort Voltaire. Vous, poux vous, construction analogue à celle du datif d'intérêt eu latin
Mais à peine son bras en relève la chute,
Que par lui de nouveau le sort me persécute ,
Maître de votre État par sa- valeur sauvé, 5i5
11 s'obstine à remplir ce trône relevé :
Oui lui parle de vous attire sa menace.
il n'a défait Tiyphon que pour prendre sa place,
lît de dépositaire et d^ libérateur,
Il s'érige en tyran et lâche usurpateur. 150
Sa main l'en a" puni : pardonnons à son ombre:
Aussi bien en un seul voici des maux sans nombre.
JNicanor votre père, et mon premier époux...
Mais pourquoi lui donner encore un nom si doux,
Puisque, l'ayant cru mort, il sembla ne revivre 555
Que pour s'en dépouiller afin de nous poursuivre?
Passons; je ne me puis souvenir sans trembler
Du coup dont j'empêchai qu'il nous put accabler:
543. « On ne relève point une chute, dit Voltaire ; on relève un trône tombé. » — « Chute, dans le langage d'un poète, est la chose tombée, et on peut la relever. (M. » Geruzez).
Var. « Je n'en fus point trompée : il releva sa chute;
Ma;s par lui de nouveau mon sort me persécute ;
(e trûne re'.evé lui plaît à retenir;
]i unit»' Tryphon, qu'il venait de punir;
Qui lui parle de vous irrite sa c '1ère ;
C'est un crime envers lui que las pleurs d'une mère » (161*7-56).
553. Les réticences et les sous-entendus dont ce discours est plein ne sont. pas 1'efTet du trouble de l'âme; tout est calculé d'avance ; Cléopâtre joue un tCAyr et garde son sang-froid. Elle en dit assez d'ail! iurs pour ne laisser placer à miniii doute ; Agrippine, plus discrète, ne parle point d'abord de « crime »; un mot, jeté en passant, lui suffit :
11 mourut ; mille bruits en courent à ma honte.
Corneille sentait bien à quel point est pénible la situation des deux princes, forcés de condamner à la fois et leur pèrs, qu'oïl leur peint si coupable, et lout mère, qui s'accuse ellj-mèmc : « Séleucus et Aniiochus, écrit— il , avaient droit de venger leur père ; mais je n'ai osé leur on donner La moindre pensée. » [Discouru du lu tragédie.) Lessing a raison : nous sommes loin du théâtre grec; qu'on si; figure Electre et Oreste écoutant les aveux do Clytemnestre. Pour l is fils de Cléopâtre, ce passées! bien lointain et bien obscur ; ils sont tout à l'anxi du présoni et i l'espérance de l'avenir.
535. tfaynnt cru mort, il sembla. Pour : après que nous l'avions cru mort; tournure peu correcte.
558. « 1! semble que Cléopâtre trembla du coup que voulait porter Nicaooi et qu'elle l'empêcha de porter ce coup; elle veut <in-e le contraire. » (Voltaire.) il n'y a pas [ lus d'obscur lé ici qu'au vers 969 Dont, chez Comeill I et tous les contemporains, a Le sens de par leqtul :
Sa tète es: le muI prix dont il peut m'ocquérir.
[Cimia, v. 5G.) De cette même main dont il fut combattu».
[Mort du Pompât, v. IWi.)
Le eiel iii'in: pue un dessein dont j'espère
i.i ai i i oie Rome al ne vous pas déplolre.
[Ntcomldv n. IMS.)