‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 348 sur 420 · ACTE II, SCfcNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCfcNE III

Je ne sais s'il eal digne ou d'horreur ou d'estime,

S'il plut aux dieux ou non, s'il fut justice ou crime; 560

M;iis soit crime ou justice, il est certain, mes fils,,-

Que mon amour pour vous fit tout cëTftre je fis-*"

Ni celui des grandeurs, ni celui de la vie

Ne jeta dans mon cœur cette aveugle furie.

J'étais lasse d'un trône où d'éternels malheurs J5GS

Me comblaient chaque jour de nouvelles douleurs.

Ma vie est presque usée, et ce reste inutile

Chez mon frère avec vous trouvait un sûr asile ;

M.n's voir, après douze ans et de soins et de maux,

Un père vous ôter le fruit de mes travaux! 570

On en voit do très nombreux exemples dans le Lexique de M. Marty-Lavoaux; le Dictionn ùre de M. Littré cite, à côté de Corneille, Malherbe, Molière, Racine, Voltaire lui-même (Sémiramis, III, n). Pour e-mfièchcr sans ne, voyez la note du vers 538, et la Grammaire de M. Chassang, qui cite cet exemple (p. 424). p

560. Cleopâtre le sait trop bien et a peut-être tort d'y insister; mais, avec Isabelle, dans la Belle Alphrède de Rotrou (V, iu), elle pense sans doute quo

Le crime quelquefois peut s'employer sans crime.

562. Toujours l'amour maternel, voile transparent de l'ambition égoïste. Antiochus aurait le droit de répondre à Cleopâtre, comme Néron à sa mère :

Vous n'avez sous mon nom travail, â que pour vous.

566. Corneille a plus d'une fois employé combler en mauvaise part.

570. Travaux, fatigues, soucis, peines de tout genre, aans le sens étendu de labores, en latin. De même, au vers précédent, ioins est pris dans le sens d'inouictw.les. Le chat de La Fontaine (vin, 22), voyant sur ses gardes lorat, son allié prétendu, l'assure de son amitié la plus sincère.

Ah ! mon frère, dit-il, viens m'embrasser ; ton soin Me fait injure.

Dans le style le plus noble, soins et travaux prennent une significali.n aussi énergique : « Cluétiens, un autre soin me travaille... Qu'est-ce donc qu'il a souhaité, ce grand Aloxandre, et qu'a-t-il cherché partant de travaux et tant de peines qu'il a souffertes lui-même et qu'il a fait souffrir aux autres? » (Bossue', Oraiton fané re de la reine d'Angleterre. Sermon pour la pro;cssion de fut de J7»c de la Yallièrr).

D'un soin cruel ma joie est ici combattus.

(Racine, Iphigénic, II, u.)

Lu mort et le travail pire que le danger.

[Mithridatc, HT, I.)

Sans que ma mort encor, honteuse à ma mémoire, Do mes nobles travaux vienne souiller la gloire.

[Phhlrc,\Y, H.) Tu m'es témoin Si l'inti'rèt d'un fils me proJuit aucun soin.

[Rotrou, Cosrocs, II, I.)

Son travail recommence et son repos se cesse.

(ROTUOU, Hercule mourant, I V , II.)

Si les rochers savent mes maux, Écho rira de mes travaux.

{Cêliane, III, il.)

Lui ipi'Apollon jamais n'a fait parler a faux ile promit, par ces vers, la fin do mes travaux.

(CoiiNEiLi.E. Horace, I, m.)

Mais voir votre couronne après lui destinée

Aux enfants qui naîtraient d'un second liyménée !

A cette indignité je ne connue plus rien :

Je me crus tout pormis pour garder voire bien.

Recevez donc, mes fils, de la main d'une mère, 575

Un trône racheté par le malheur d'un père.

Je crus qu'il fit lui-môme un crime en vous l'ôtant,

Et si j'en ai fait un en vous le rachetant,

Daigne du juste ciel la bonté souveraine,

Vous en laissant le fruit, m'en réserver la peine, 580

Ne lmcer que sur moi les foudres mérifo

Et n'épandre sur vous que des prospérités!

AKTIOCHDS.

Jusques ici, madame, aucun ne met en doute

Les longs et grands travaux que notre amour vous coûte.

Et nous crovons tenir des soins de cet amour 080

5*73. Indignité, outrage, conuno au v. 007.

E; je le traiterai!) avec indignité.

Si j'aspirais à lui par une la lie té

[rompît, II, i.)

Ilmo fera raison de cette indignité.

(ROTiioi1, l"< ko i 'as , I, i.l

J'ose dire pourtant que je n'ai mérité

Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité

(IUcink, flritaii'llcir. II, ni.)

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