‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 362 sur 420 · RODOGUNE, ORONTE · texte numérisé non relu

RODOGUNE, ORONTE

Que ferons-nous, Oronte, en ce péril extrême,

Ou l'on fait de mon sang le prix d'un diadème? Fuirons-nous chez mon frère? attend roiis-nousl

Ou ferons-nous contre elle un généreux effort?

Notre fuite, madame, est assez difficile : J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville. Si l'on veut voire perle, on vous fait observer; Ou s'il vous est permis encor de vous sauver, L'avis de Laonice est sans doute une adresse :

a mort,

795. « Au lieu d'une situation tragique et terrible, que la fureur de Cléo^ pâ re faisait attendre, on ne voit ici qu'une scène de politiquo entre Rouoguno et l'ambassadeur Oronle. Rodogunc a deux grands objets, son amour i hajno do Cléopâtre Ces deux objets o ent ici aucun mouvement; ils

sont écartés par des discours do politique. » (Voltaire ) Nous avons déjà remarqué que Rodogune ne satisfait Voltaire ni 1 irsqu'ello parle le langage delà raison, ni lorsqu'elle se laisse entraîner par la pa sion. Dans une cire. instance aussi critique pour elle, il tst naturel pourtant qu'ell se et prenne

conseil d 'Oronte, son principal défenseur. Encore une fois, elle n'est pas la femme douce et timide que se représ nt ! Voltaire ; c'est une reine, et une reine malheureuse, dont la vie est menacée; elle sait délibérer, elle sait agir, et lfl prouvera bientôt

son. Sur épandus, voyez la note du v. 582; ici la distinction de M. Litlro entre épundre <'t répandre paraît plus justifiée.

803. Adresse, feinte, (inesse, comnio au v. 41S. Racine et Molière l'emploient même au pluriel:

Il faudra que mon liommc ait de grandes adiesses, Si message ou poulet de su part peut entrer.

{lïcolc des femmes , IV, v.)

Lo ciel punit ma faute et confond votre ad

[Bqfaz i , II, v.)

Sa bain i sait ca (h ir sos trompeu

UWiridate, I, v.)

« Pourquoi cet inutile Oronte, qui croil parler ici en a ir for*

adroit, noupçonne-t-il que l'avis est faux, et que c'esl un piôge que CléopAtie tond ici a Rodogune? .Ne connatt-il pas le crime do ( leopfttro? no ta do pas croire capable de tout? ne doit-il pas balancer les raisons? il joua ici la rûie de ce qu'on appelle un gros /in, ot rien n'e t ni moins tragique, ni p ua mal imaginé, » (Voltaire.) il es1 certain qu'Oronte tienl ici une place • peu l' rable n, et que ses prêt nduea (Inosses nous semblent bien pau> quoi I c'est un diplomate qui tio croil pas à la bonne foi des autri s, do croire pout-étro a la sienm « Peindre d'ignorer co qu'on sai

i i iul C0 qu'on ignoro, d'ontreproudre ce qu'on ne comprend pas, d< ne

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