ACTE III, SCÈNE II
Feignant de vous servir, elle sert sa maîtresse.
La reine, qui suilout craint de vous voir régner, 805
Fous donne ces teneurs pour vous faire éloigner;
El pour rompre un hymen qu'avec peine elle endure,
Elle en veut à vous-même imputer la rupture.
I • obtiendra par vous le but de ses souhaits,
I vous accusera de violer la paix; 810
Et le roi, plus p que contre vous que contre elle,
Vous voyant lui porter une guerre nouvelle,
Marnera vos frayeurs et nos légèretés,
D'avoir osé douter delà foi des traités,
FA peut-être, prescé des guerres d'Arménie, 815
Vous laissera moquée, et la reine impunie.
A ces honteux moyens, gardez derecouiir :
C'est ici qu'il vous faut ou régner ou périr.
Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne,
Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonne. 820
point ouïr ce qu'on entend, surtout de pouvoir au delà de ses forces, avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point, s'enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond, quand on n'est, comme on dit, que vide et creux », voilà toute la diplomatie, selon le Figaro de Beaumarchais; voilà aussi, nous en avons peur, toute la science d'Oronle. On pourrait lui appliquer, à bon droit, deux maximes de La Rochefoucauld: « L'usage ordinaire de la finesse est la marque d'un petit esprit, et il arrive presque toujours que celui qui s'en sert pour se couvrir en un endroit, se découvre eu un autre. — Le vrai moyen d'être trompé, c'est de se croire plus fin que les autres. » (Maximes, lfiô et 127).