‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 384 sur 420 · ACTE 111, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE V

Et, voyant de ces maux l'épouvantable image, 1075

Je me sens affaiblir quand je vous encourage;

Je frémis, je chancelle, et mon cœur abattu

Suit lanlôt sa douleur, et tantôt sa vertu.

Mon frère, pardonnez à des discours sans suite,

Qui font trop voir le trouble où mon âme est réduite. 10SO

SÉLKUCUS.

J'en ferais comme vous, si mon esprit troublé Ne secouait le joug dont il est accablé. Dans mon ambition, dans l'ardeur de ma flamme, Je vois ce qu'est un trône, et ce qu'est une femme, Et jugeant par leur prix de leur possession, 1085

J'éteins enfin ma flamme et mon ambi ion; Et, je vous céderais l'un et l'autre avec joie, Si, dans la liberté que 'e ciel me renvoie, La crainte de vous laire un funeste présent Ne me jetait ^ans l'âme un remords trop cuisant. 1000

Dérobons- nous, mon frère, à ces âmes cruelles. Et laissons-les sans nous achever leurs querelles.

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