Tout ce passage est imité de Lucain
Nec soceri tantum arma fugit, fugit ora senatus,
Cujus Thcssalicas saturât pars magna volucres,
Et metuit génies, quas uao in sangui7io mixtas
Dcseruit, regesque timet, quorum omnia mersit. (Lucain, VIII, 506-509.)
62. Var. Qui veut venger sur lui le sang de leurs provinces. (1644-56.)
Chez les tragiques de la première moitié du xvn° siècle, province équivaut à État :
Oh ! le grand roi qu'en vous attend cette province ! (Rotrou, Bon Lope, I, 4.) Voas m'avez engendrée à toute la.province. (Id., Iphigénie, IV, 6.)
C5. Il est à tous en butte, il est exposé à la haine, à la vengeance de tous. M. Littré définit butte le massif de terre où l'on place le but pour tirer et viser. 11 n'est donc pas étonnant que, dans les acceptions figurées, on ait \ile confondu la butte et le but: mais butte a longtemps conservé son sens propre, et Rotrou peut écrire, par exemple :
Les plus grands à ses coups sont de pins grandes buttes. (Hercule mourant, ILL 3.)
Seul, la butte, l'objet et l'estime de tous. [Bàlindre, I, 1.)
Vous m'entreprenez seul, seul je vous suis en batte. [Anttgone, V, B.)
Songez à quels malheurs vou> l'exposez en butte. (Cosroès, II, 1 .)
C'est seulement dans cette dernière acception que la locution rtir. ni hutte a aurvécu, car on no dit plus • être ea butte à quelqu'un, mais seulement : être en butte à quelque chose. 1 );t n - la dernière tragédie de Corneille, on lit encore : <- Suréna, mi^ aui Romains en butte. » (Suréna, 757.)
56, - Jamais Corneille ne s'esl éleré plus haut que dans cette exposition de* motifs, véritable arrêl de condamnation de Pompée, jamais il n'a paru posséder nne connaissance plus approfondie de l'histoire. Il avait lu les Verrines, il avait été frappé do l'insolente tyrannie des proconsuls ; il savait que c'était par là que la République devait périr. » (DeeJardlM, le Grand Corneille /listiiru.-n.)