R O T) O G UNE
Ah! je voU trop régner son parti dans votre àme; Prince, vous le prenez.
ANTIOCHUS
Oui, je le prends. Madame, 41 so
Et j'apporte à vos pieds le plus pur de son sang, Que la nature enferme en ce malheureux flanc.
1168. « Rodoguno continue la figure employée par Antioebus ; mais on ne peut dire vivre en soi-même ; ce style fait beaucoup de peine : mais co qui eu fait bien davantage, c'est que Rodoguno passe ainsi tout d'un coup do la inode-to fierté d'une fille qui ne veut pas qu'un lui parle d'amour à l'exécrable empressement d'exiger d'un fils la tête de sa mère, d Voltaire a raison dans une certaine mesure : RodoglU) l a, pour ainsi dire, deux Caractères, et passe de l'un a L'autre avec trop de facilité. Le prand Corneille trace avec quelque gaucherie ces portraits nuancés; il est plus à l'aise dans la peinture des caractères absolus, comme celui d<> Cléopatre.
1I~0. « hriter un. brus à un cœur, le porter et ne pa* l'écouler, sont des expressions si forcées, si fausses, qu'on voit bien que la situation n'est point naturolle. » (Voltaire.') Il faut remarquer aussi que l'embarras de Rodoguno s'a oute à la fausseté de la situation; ollo continue a jouer un rôle, mais pour la forme et sans conviction.
ll~ô. « Kst-il possible qu'Aiitioclms puisse lui dire : Nomme/, les assassins-' Quel faux artifice! Ne les connaît-il pas? Ne sait-il pas (pie c'est sa mère? Ne n'en est-ello pas vantée à lui-même? ■ Cette critique de Voltaire est très fondée : si volontairement obscures que soient les explications de Cléopatre, si généreuses que soient les illusions d'Autioclius, il ne peut être aveugle a ce point.
1180. « Quelle froideur dans de tels éclaircissements, et quelles étranges
expression-! I Vous le prenez? Oui,, je le pends! n (Voltaire.)
I 182. Flanc, sein, très usité dans ce sens au xvii0 siècle. VoyeS la QOtS un T. 183».