SCENE III
CLÉOPATRE, ANTIOCHUS, KODOGUNE, ORONTE, LAON1GE, Troupe de Parthes et de Syriens.
CLÉOPATRE
Approchez, mes enfants : car l'amour maternelle,
1548. Voltaire trouve que ce vers «est un peu trop du style de la comédie »; mais il ajoute : « Il ne faut pas croire que ces petites négligences puissent diminuer en rien le grand intérêt do cette situation, la majesté du spectacle rt la beauté de presque tout ce cinquième acte. *
1553. « Il faut en foule, » dit Voltaire. C'est un archaïsme. M. Littré cit« cet exemple d'Amyot : « Et y avoit des sergens tenans dos bastOBJ en leurs mains, pour faire retirer la presse et serrer ceulx qui Rejetteraient d la fouir trop en avant par les carrefours.» (Paul Emile, 55.) — « A In foule, adv.; entrer à la foule, sortir à la foule. » (Richelet, 1G80.) — a Cette location à la joule commençait à veillir à l'époque où parut le Dictionnaire de Richelet; car Corneille l'avait déjà supprimée de plusieurs de ses promières pièces où il lavait d'abord employée. Le passage de Hodoguue lui a sans doute échappé dans sa revision v (M. Marty-Laveaux.) Co récit rappelle àM.Geruzoz celui de Cléone dans A)i<hoino(/ue(V, n).
1534. Cotto tournure est analogue à l'ablatif absolu des Latins. Exilé, au figuré, comme dans la Bérénice de Racine : • de votre âme txitèe en socret.» (V, 5), iCe vers, qui forme une proposition absolue, ne se détache pttt suffisamment et jette sur la phrase quelque obscurité. ( !e qui fait dire malignement à Voltaire «qu'il semble que ces différends soient de la suite.» (M. Qerusez.) Voyez la Grammaire de M. Chassang, p. SfifO.
1559. « i^ini! Après avoir demandé, il y a deux heures, la tète de Rodogufie, eue leur parle d'amour maternelle I Cela n'est-il pal trop outré? Rodogune ne peut-elle pas regardai ce mot comme une ironie? il n'y a point de réconciliation formolle; lés deui princesses ne se sont point vues.» f Vol taire.)
Aussi ne CTOyOnS-nOUS pas que RodOgUne SOit jamais tOUt à fait dupe de la teinte affection deCléopâtre. Sans doule elle aime Autioelnis, et l'on peut admettre
qu'elle est, tout entiers I la joie de cette union si prochaine, si peu espérée. Mais sou\ aons-nous qu'au débul de la tragédie, alors que rien ne semble î.i
menacer, alors qu'elle est délivrés et destinée à l'un des Rie do la reine, nous
l'avons vue douter et craindre encore Pendant toute cette iGehe elle gardera
■OU s.in--lroid ; ses paroles «mit dignes, mais brèves, peut-être un pou COU-