‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 77 sur 420 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Qui, de cette grande àme achevant les destins,

Etale tout Pompée aux yeux des assassins.

Sur les bords de l'esquif sa tête enfin penchée,

Par le traître Septime indignement tranchée, 530

Passe au bout d'une lance en la main d'Achillas,

Ainsi qu'un grand trophée après de grands combats.

On descend, et pour comble à sa noire aventure

On donne à ce héros la mer pour sépulture,

Et le tronc sous les flots roule dorénavant 535

Au gré de la fortune, et de l'onde, et du vent.

La triste Cornélie, à cet affreux spectacle,

Par de longs cris aigus tâche d'y mettre obstacle,

Défend ce cher époux de la voix et des yeux,

Pais, n'espérant plus rien, lève les mains aux cieux, 540

Et, cédant tout à coup à la douleur plus forte,

Tombe, dans sa galère, évanouie ou morte.

Les siens en ce désastre, à force de ramer,

L'éloignent de la rive, et regagnent la mer.

Mais sa fuite est mal sûre, et l'infâme Septime, 545

Qui se voit dérober la moitié de son crime,

528. Etale tout Pompée, dévoile toute la grandeur héroïque de Pompée. Voyez le v. 57.

529. Var. Sa tète, sur les bords de la barque penchée... (1644-1664.)

532. C'est aussi Septime qui, chez Lucain, tranche la tête de Pompée

Collaque in obliquo ponit languentia transtro;

Tune nervos venasque secat....

Vindicat hoc Pharius dextra gestare satelîes...

Pharioque veruto

Suffucum caput est (VIII, 671 à 684.)

533. Var. Et, pour combler enfin sa tragique aventure ... (1C44-1664.)

536. Littora Pompeium feriunt, truncusque vadosis Hac illuc jactatur aquis (Lucain, VTII, 698-699.)

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