‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 8 sur 420 · Comparez à la scène iv de l'acte III · texte numérisé non relu

Comparez à la scène iv de l'acte III

Acte III. — Comme Hector apparaît à Énée chez Virgile, Pompée apparaît à Cornélie, qui nous raconte complaisamment ce songe, en y mêlant de visibles réminiscences de YEnéide ; mais on cherche vainement ici l'utilité dramatique de la vision imaginée par Garnier ; peut-être ce récit est-il un simple prétexte au chœur qui suit et qui combat la croyance aux songes par des arguments, d'ailleurs, irréfutables. On ne voit pas bien non plus pourquoi Cicéron, après avoir employé tant de vers, au premier acte, à accuser l'ambition dominatrice des Romains, en consacre tant, au troisième, à déplorer leur asservissement ; mais l'intérêt se relève, et l'émotion s'accroît, ou plutôt naît pour la première fois, lorsque l'affranchi Philippus apparaît, portant les cendres de Pompée, lorsque Cornélie s'écrie en les recevant :

0 douce et chère cendre, ô cendre déplorable,

Qu'avecque vous ne suis-je? O femme misérable,

O pauvre Cornélie, hé ! n'aura jamais fin

Le cours de cette vie où me tient le destin ?

Ne serai-je jamais avecque vous, ô cendre ?

N'est-il temps qu'on me fasse au sépulcre descendre?

À la plainte succède l'invective, l'amère ironie :

PH1LIPPDS.

César pleura sa mort.

CORNÉLIE

Il pleura mort celui Qu'il n'eût voulu souffrir être vif comme lui...,.

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