ACTE I, SCENE II. I7S
l'tMvenl sur son auteur renverser l'entreprise,
Tourner sur loi les coups dont lu le veux, frapper; ,
Dans sa ruine niônie il peut fenvelopper; ■! , .
Et , quoi quen ma faveur Ion amour exécute,
Il le peut, en tombant, écraser sous sa chute. >■.,.
Ah I cesse de courir à ce mortel danger ;
Te perdre en me vengeant, ce n'est pas me venger.
Un cœur est trop cruel quand il trouve des charmes
Aux douceurs que corronqil l'amertume des larmes;
Et l'on doit mettre au rang des plus cuisants malheurs
La mort d'un ennemi (jui coûte t^yit de [deurs.
Mais peut-on en verser alors qu'on venge un père ? Est-il perte à ce prix (jni ne semble légère? , .,
Et, quand son assassin tombe sous notre effort , Doit-on considérer ce (pie coûte sa mort? Cessez, vaines frayeurs , cessez, làcht s tendresses , De jeter dans mon cœur vos indignes faiblesses 1 Et toi (jui les produis par tes soins superflus , Amour, sers mon devoir, et ne le combats plus ' ! Lui céder , c'est ta gloire ; et le vaincre , ta honte : Moidre-toi généreux , souffrant qu'd te surmonte ; Plus tu lui donneras , plus il te va donner, El ne triomphera que pour te couronner. ^