‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 111 sur 386 · ACTE I, SCÈNE III. l«l · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. l«l

• El les proscriptions , et les guerres civiles , et Sont les degrés sanglants dont Auguste a fait ciioiv » Pour monter sur le trône et nous donner des lois. « Mais nous pouvons changer un destin si funeste , « Puisque de trois tyrans c'est le seul qui nous reste, « l^t que, juste une fois, il s'est privé d'appui , " Perdant, pour régner seul, deux niécliants connue lui • .< Lui mort, nous n'avons point de vengeur ni de niaitre ' ; 'i Avec la liberté Rome s'en va renaître ' ; " Et nous mériterons le nom de vrais Romains « Si le joug (jui l'accable est brisé par nos mains. « Prenons l'occasion tandis qu'elle est propice : " Demain au Capitole il fait un sacrifice; u Qu'il en soit la victime, et faisons en ces lieux « Justice à tout le monde, à la face des dieux : " Là , presque pour sa suite il n'a que notre troupe ; n C'est de ma main qu'il prend et l'encens et la coupe ; « Et je veux pour signal que cette même main « Lui donne., au lieu d'encens , d'un poignard dans le Siin. « .\insi d'un coup moitel la victime frappée '< Fera voir si je suis du sang du grand Pompée; « Faites voir, après moi , si vous vous souvenez " Des illustres aieuv de (pii vous ôtes nés. » A peine aije achevé, que chacuti renouvelle. Par un noble serment, le vœu d'ôtre fidèle : L'occasion leur plaît ; mais chacun veut pour soi L'honneur du premier coup, que j'ai choisi pour moL La raison règle enfin l'ardeur qui les emporte : Maxime et la moitié s'assurent de la porte ; L'autre moitié me suit , et doit l'environner. Prête au premier signal que je voudrai donner. Voilà, belle ^Emilie, à quel point nous en sommes.

' 11 veut dire :

Mort , il est sans vengeur , et nous sommes sùns maître.

' S'en va renaître. Celte expression n'est point fautive en poiisic ; ;m contraire , voyez dans ïlphigénie de Racine :

Et ce triomphe heureui qui s'en va devenir L'éternel entretien île» siècles à venir.

Cet exemple est un de ccui qui peuvent servir i distinguer le langage de la poeslA de celui de la prose. (V.)

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