CI.NSA
Mais plutôt en la vôtre.
EMILIE
Je suis toujours moi-même , et mon cœur n'est point autre; Me donner à Cinna , c'est ne lui donner rien , C'est seulement lui faire un présent de son bien.
CliNNA.
Vous pouvez toutefois... ô ciel! l'osé-je dire?
i£MIL[E.
Que puis-je ? et que crains-tu ?
ClNNA.
Je tremble , je soupire , Et vois que , si nos cœurs avaient mômes désirs , Je n'aurais pas besoin d'expliquer mes soupirs. Ainsi je suis trop sur que je vais vous déplaire ; Mais je n'ose parler, et je ne puis me taire.
^UlLIE.
C'est tropime gêner, parle.
Cl.N.NA.
11 fiiut vous obéir.
Je vais donc vous déplaire , et vous m'allez haïr. Je vous aime, .Emilie ; et le ciel me foudroie Si cette passion ne fait toute ma joie ' , Et si je ne vous aime avec toute l'ardeur Que peut un digne objet attendre d'un grand cœurl Mais voyez à quel prix vous me donnez votre àme : En me rendant heureux vous me rendez infâme : Cette bouté d'Auguste...
^EMILIE
Il suffit , je f entends , Je vois ton repentir et tes vœux inconstants :
' Jr vous aimp , >EintUe ; et le ciel me foudroie Si cette passion ae fait toute ma joie, fait toujours un peu rire, ^vec Coûte C ardeur gu' un digne objet peut attendre d'un grand cœur, est du style de Scudéri. Ce n'est que depu < haciuc qu'on a proscrit ces [adcs lieux cutumuns. (V.)
210 CIXNA.
Les faveurs du tjTaii emportent tes promesses ; Tes feux et les serments cèdent à ses caresses ; Et ton esprit crédule ose s'imaginer Qu'Auguste, pouvant tout, peut aussi me donner , Tu me veux de sa main plutôt que de la mienne; Mais ne crois pas qu'ainsi jamais je t'appartienne : il peut faire trembler la terre sous ses pas , Mettre un roi hors du troue, et donner ses États , De ses proscriptions rougir la terre et l'onde, Et changer à son gré l'ordre de tout le monde ; Mais le cœur d'.Emilie est hors de son pouvoir '.