‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 129 sur 386 · CI.NSA · texte numérisé non relu

CI.NSA

Mais plutôt en la vôtre.

EMILIE

Je suis toujours moi-même , et mon cœur n'est point autre; Me donner à Cinna , c'est ne lui donner rien , C'est seulement lui faire un présent de son bien.

CliNNA.

Vous pouvez toutefois... ô ciel! l'osé-je dire?

i£MIL[E.

Que puis-je ? et que crains-tu ?

ClNNA.

Je tremble , je soupire , Et vois que , si nos cœurs avaient mômes désirs , Je n'aurais pas besoin d'expliquer mes soupirs. Ainsi je suis trop sur que je vais vous déplaire ; Mais je n'ose parler, et je ne puis me taire.

^UlLIE.

C'est tropime gêner, parle.

Cl.N.NA.

11 fiiut vous obéir.

Je vais donc vous déplaire , et vous m'allez haïr. Je vous aime, .Emilie ; et le ciel me foudroie Si cette passion ne fait toute ma joie ' , Et si je ne vous aime avec toute l'ardeur Que peut un digne objet attendre d'un grand cœurl Mais voyez à quel prix vous me donnez votre àme : En me rendant heureux vous me rendez infâme : Cette bouté d'Auguste...

^EMILIE

Il suffit , je f entends , Je vois ton repentir et tes vœux inconstants :

' Jr vous aimp , >EintUe ; et le ciel me foudroie Si cette passion ae fait toute ma joie, fait toujours un peu rire, ^vec Coûte C ardeur gu' un digne objet peut attendre d'un grand cœur, est du style de Scudéri. Ce n'est que depu < haciuc qu'on a proscrit ces [adcs lieux cutumuns. (V.)

210 CIXNA.

Les faveurs du tjTaii emportent tes promesses ; Tes feux et les serments cèdent à ses caresses ; Et ton esprit crédule ose s'imaginer Qu'Auguste, pouvant tout, peut aussi me donner , Tu me veux de sa main plutôt que de la mienne; Mais ne crois pas qu'ainsi jamais je t'appartienne : il peut faire trembler la terre sous ses pas , Mettre un roi hors du troue, et donner ses États , De ses proscriptions rougir la terre et l'onde, Et changer à son gré l'ordre de tout le monde ; Mais le cœur d'.Emilie est hors de son pouvoir '.

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