CI.VNA
Aussi n'est-ce qu'à vous que je veux le devoir. Je suis toujours moi-même, et ma foi toujours pure ; La pitié que je sens ne me rend point parjure; J'obéis sans réserve à tous vos sentiments, Et prends vos intérêts par delà mes serments '.
J'ai pu , vous le savez, sans parjure et sans crime , Vous laisser échapper cette illustre victime : César se dépouillant du pouvoir souverain Nous ôtait tout prétexte à lui percer le sein; La conjuration s'en allait dissipée.
Vos desseins avortés , votre haine trompée ; Moi seul j'ai raffermi son esprit étonné, Et pour vous l'immoler ma main l'a couronné.
EMILIE
Pour me l'immoler, traître! et tu veux que moi-même Je retienne la main! qu'il vive, et que je l'aime 1 Que je sois le butin de qui l'ose épargner,. Et le prix du conseil qui le force à régner!
a.NSA.
Ne me condamnez point quand je vous ai servie r ' Voilà une imitation admirable de ces beaux vers d'Horace x
Et euttcta terrarum subaeta ^ Praur atroeem aniinum Catonis.
Cette iraitation est d'autant plus belle, qu'elle est en sentiment. PI»sieurs s'étonnent qu'Kmilie , affectant de penser comme Calun, ail cependant reçu pendant quinze ans les bienfaits et l'argent d'Auguste , dont l'épargne lui a été ouverte. Cette conduite ne semble pas s'accorder avec cette Inflexibilité héroïque dont elle fait parade. (V.)
» Par delà mes serments : expression dont je ne trouve que cet exeui pie; et cet eiemple wc oarail mériter d'être suivi. (V.;