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EU bien ! vous le voulez, il faut vous satisfaire,
(if cette tirade est fort belle. (V.) — Les rapprochemcnU d'H'Tmione çt d'Érailie ne me paraissent pas exacts : l'une nedevait pas ressembler à l'autre. Il est bien vrai que toutes deux exigent de leur amant une vengeance et un meurtre; mais leur injure, et par conséquent leur situation, n'est pas la même, et ne devait pas produire le même effet. Kinilie poursuit la vengeance de son pêreToranius, tut' il y a vingt ans. d:insle temps des proscriptions. Ce sentiment est légitime; mais personne n'a connu ce Toranius •. la perte qu'a faite Emilie est bien aocicone; Auguste mêniC l'a réparée autant qu'il l'a pu, en traitant Emilie comme sa fille adop'Jve; elle a reçu «es bienfaits : sa situation, comme le remarque lui-méirie Voltaire, n'est point à plainire. Ainsi donc, lorsqu'elle demande la tête d'Auguste, c'est un sentiment tout au moins aussi républicain que filial, ennobli surtout par le dessein de rendre la liberté aux Romains : c'est un de ces sentiments auxquels on peut se prêter, mais que le spectateur n'embrasse pas comme s'ils étaient les siens, qu'il ne partage pas avec toute la vivacité de ses affections; ces sortes de rôles sont plutôt des moyens d'action que des mobiles d'intérêt. Il n'en est pas de même d'Hermlone : son Injure est récente , elle est sous les yeux du spectateur : c'est une femme, une princesse cruellement ou- Iragée et fortement passionnée. 1,'oflense qu'elle reçoit est de celles que tout son sexe partage , et son infortune est de celles qui excitent la pitié du nôtre. Sa vengeance n'est pas un devoir, c'est une passion , et une passion si aveugle et si forcenée , que l'on sent bien qu'Hermionc se fait illusion à elle-même , et qu'elle sera plus à plaindre encore dès qu'on l'aura vengée. Il résulte de cette différence essentielle entre les deux rôles, que celui de Racine est infiniment plus théâtral; mais que Corneille, en faisant (autre pour un plan différent, n'était pas obligé de produire la n cme impression. Il ne faut donc pas exiger qu'Emilie nous touche, .liais seulement qu'elle nous attache; et c'est à quoi l'auteur a réussi en lui donnant le mérite qui lui est propre , celui d'une noblesse d'ime que rien ne peut abaisser, d'une réso'ution intrépide que rien ne peut ébranler. (I.a H.)