‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 173 sur 386 · ACTE ÏI, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE ÏI, SCENE I

SÉvtBE.

Je lit' la puis (lu moins blàiïier d'un mauvais cho;\ ; Polyciicte a du nom , et sort du sang des rois • Faibles souligemeuls d'un malheur sans remède ! Pauline, je verrai ([u'un antre vous i>ossède!

0 ciel, qui maigre moi me renvoyez au jour, 0 sort, qui redonniez l'espoir à mon amour, Reprenez la faveur que vous m'avez prôtée, Et rendez-moi la mort que vous m'avez ôtée !

Voyons-la toutefois , et dans ce triste lieu Achevons de mourir eji lui disant adieu ; Que mon cœur, chez les morts emportant son image, De son dernier soupir puisse lui faire homiuage.

FABUri.

Seigneur, considérez...

SÉVÈRE

Tout est considéré.

Quel désordre peut craindre un cœur désespéré.' iS'y consent-elle pas?

FABIAK.

Oui, seigneur, mais....

SÉVÈKE.

N'importe.

fabiax.

Cette vive douleur en deviendra plus forte.

SÉVÈRE

El ce n'est pas un mal que je veuille guérir; .le ne veux que la voir, soupirer, et mourir.

FAniAX.

Vous vous échap[>erez sans doute en sa i)résence'; Un amant qui perd tout n'a plus de complaisaDCc , Dans un tel entretien il suit sa passion , Et ne pousse qu'injure et qu'imprécation *.

SÉVÈRE

JUj^e autrement de moi, mon respect dure encore r Tout violent qu'il est, mun dé.sesi)()ir l'adore. Quels reproches aussi peuvent m'étre i)ermis.^ De quoi puis-je accuser qui ne m'a rien itroms.' Elle n'est point parjure, elle n'est i>oint légère,'

' Hx(>ress.o:i jJiinjcoisc. (V.)

* C.eii n'i'.sl ni ;ii>lik- ai franç.iis ,'V )

268 POLYEUCTE

Son devoir m'a trahi , mon malheur, et son père'. Mais son devoir fut juste , et son père eut raison ; J'impute à mon malheur toute la trahison-; Un peu moins de fortune , et plus tôt arrivée , Eût gagné l'un par l'autre, et me l'eût conservée'; Trop heureux , mais trop tard , je n'ai pu l'acquérir : Laisse-la-moi donc voir, soupirer, et moiu-ir^.

FAWAJS.

Oui, je vais l'assurer qu'en ce malheur extrême Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même. Elle a craint comme moi ces premiers mouvements Qu'une perte impréNTie arrache aux \Tais amants, Et dont la violence excite assez de trouble , Sans que l'objet présent l'irrite et le redouble.

SÉVÈRE

Fabian , je la vois.

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