SCÈNE II
PTOLOMÉE, PHOTiN.
PTOLOMÉE
Pliotin , OU je me trompe , ou ma sœur est déçue. De l'abord de Pompée elle espère autre issue '. Sachant que de mon père il a le testament , Klle ne doute point de son couronnement; Elle se croit déjà souveraine maîtresse D'un sceptre partagé que sa bonté lui laisse; Et , se promettant tout de leur vieille amitié , De mon trône en son âme elle prend la luoitié, Oîi de son vain orgueil les cendres rallumées Poussent déjà dans l'air de nouvelles fumées.
PHOTIN
Seigneur, c'est un motif que je ne disais pas, Qui devait de Pompée avancer le trépas. Sans doute il jugerait de la sœur et du frère Suivant le testament du feu roi votre père ' , Son hôte et son ami , qui l'en daigna saisir ; Jugez après cela de votre déplaisir ^.
\ ous vouliez , elle sera toujours attachante : c"csl la seule qui seit dans ce goût. (V.)
' 11 faut, dans le style noble, une autre issue. On ne supprime le* articles et les pronoms que dans ce familier qui approche du style marotique : sentir joie, faire mauvaise /in, etc. Observez encore qa'issMc n'est pas le mot propre. Un abord n'a point à'issne. Il faut toujours ou le mot propre , ou une métaphore noble. ÇV.)
» Le feu roi votre père est trop piosalque, et il y a un enjambement que les règles de notre puésie ne souffrent point dans le style sérieux des vers alexandrins. Qui l'en daigna saisir est un terme de c'.iicane. Ma partie est saisie de ce testament. (V.)
■* Ce vers n'a pas un sens clair. Kst-ce du déplaisir qu'a eu l'toléméef Il fallait donc dire -Jugez de votre déplaisir si Pompée venait mettri
ACTli I, SCÈNE III. 337
Ce n'est pas que je veuille, en vous parlant contre elle.
Rompre les sacrés nœuds d'une amour fraternelle;
Du trône et non du cœur je la veux éloigner,
Car c'est ne régner pas qu'être deux à régner :
Un roi qui s'y résout est mauvais politique ;
Il détruit son pouvoir quand il le communique ;
Et les raisons d'État... Mais, seigneur, la voici.