ACTE m, SCÈ.M. II
Et (le celle douceur son esprit combattu
Avec un peu d'effort rassurait sa vertu.
S'il aime sa grandeur , il hait la perfidie ;
Il se juge en autrui , se tâte , s'étudie,
Examine en secret sa joie et ses douleurs ,
Les balance , choisit , laisse couler des pleurs ;
Et , forçant sa vertu d'être encor la maîtresse ,
Se montre généreux par un trait de faiblesse :
Ensuite il fait ôter ce présent de ses yeux ,
Lève les mains ensemble et les regards aux cicux .
Lâche deux ou trois mots contre cette insolence ;
Puis tout triste et pensif il s'obstine au silence ,
Et même à ses Romains ne daigne repartir
Que d'un re^jard farouche et d'un profond soupir.
Enfui , ayant pris terre avec trente cohortes ,
Il se saisit du port , il se saisit des portes ,
Met des gardes partout et des ordres secrets ',
Fait voir sa défiance , ainsi que ses regrets ,
Parle d'Egypte en maître et de son adversaire ,
>Jon plus comme ennemi, mais comme son b€au-|)ère.
Voilà ce que j'ai vu.
CilAKUlON.
Voilà co qu'attendait , Ce {ju'au juste Osiris la reme demandait. Je vais bien la ravir avec cette nouvelle '. Vous , continuez-lui ce service fidèle.
ACHORÉE
Qu'elle n'en doute point. Mais César vient. Allez, Peignez-lui bien nos gens^iâles et désolés ; Et moi , soit que l'issue en soit douce ou funeste , J'irai l'entretenir quand j'aurai vu le reste.