‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 243 sur 386 · ACTE m, SCÈ.M. II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈ.M. II

Et (le celle douceur son esprit combattu

Avec un peu d'effort rassurait sa vertu.

S'il aime sa grandeur , il hait la perfidie ;

Il se juge en autrui , se tâte , s'étudie,

Examine en secret sa joie et ses douleurs ,

Les balance , choisit , laisse couler des pleurs ;

Et , forçant sa vertu d'être encor la maîtresse ,

Se montre généreux par un trait de faiblesse :

Ensuite il fait ôter ce présent de ses yeux ,

Lève les mains ensemble et les regards aux cicux .

Lâche deux ou trois mots contre cette insolence ;

Puis tout triste et pensif il s'obstine au silence ,

Et même à ses Romains ne daigne repartir

Que d'un re^jard farouche et d'un profond soupir.

Enfui , ayant pris terre avec trente cohortes ,

Il se saisit du port , il se saisit des portes ,

Met des gardes partout et des ordres secrets ',

Fait voir sa défiance , ainsi que ses regrets ,

Parle d'Egypte en maître et de son adversaire ,

>Jon plus comme ennemi, mais comme son b€au-|)ère.

Voilà ce que j'ai vu.

CilAKUlON.

Voilà co qu'attendait , Ce {ju'au juste Osiris la reme demandait. Je vais bien la ravir avec cette nouvelle '. Vous , continuez-lui ce service fidèle.

ACHORÉE

Qu'elle n'en doute point. Mais César vient. Allez, Peignez-lui bien nos gens^iâles et désolés ; Et moi , soit que l'issue en soit douce ou funeste , J'irai l'entretenir quand j'aurai vu le reste.

Page 1