‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 37 sur 386 · Lii cm · texte numérisé non relu

Lii cm

Pour souffrir iiu'avfcc loi ma gloire se partage. Mon père et mon honneur ne veulent rien iie>oir Alix traits de ton amour ui de ton désespoir.

D. ROUKIGLU.

Rigoureux point d'iionneurl liélas! ((uoi i(ue je lasse, Ne pourrai-je à la fm obtenir cette grâce.' \i\ nom d'un père mort, ou de notre amitié, Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié Ton malheureux amant aura bien moins de peine A mourir par ta main qu'à vivre avec ta liaine*

CHIMÈ^E.

Va, je ne te hais point.

D. RODRIGLE.

Tu le dois.

chimLne.

Je ne puis.

D. RODRIGUE

Crains-tu si i>eu le blâme, et si peu les taux bruits? Quand on saura mou crime, et «lue ta Uammo dure Que ne publieront point l'envie et l'imposture ! Force-les au silence, tt, sans plus discourir. Sauve ta renommée en me faisant mourir.

CUIMÈ.NE.

Elle éclate bien mieux eu te laissant la vie ; Et je veux que la voix de la plus noire envie Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis, Sachant que je t'adore et que je te poursuis. Va-t'en , ne montre plus à ma douleur extrême Ce qu'il faut que je perde, encore que je l'aime. Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ ; Si l'on te voit sortir, mon honneur cotrt hasard La seule occasion ([u'aura la médisance, C'est de savoir ipi'ici j'ai souiTert ta présence : Ne lui donne point lieu d'attaquer ma vertu.

D. RODRIGUE

Que je meure!...

CHIMÈXE.

Va-t'en.

D. RODKIGLE.

A cpioi te résous-tu .'

CHIMÈXE.

iMaigre des fevix si beau\ «pii troL'"ient ma o 1ère,

AT ri: m, .sci:m: v.

Je lerai mon possible ii liicn vcii^or mon pore; M.iis, malgré la rignoiii li'nn si crnol dcvoi , Mon iiniqnc sonl>ait est de ne rien pouvoir. •

D. ROnr.ICLF..

O iniraclo (ramoiir !

c.nnii:NF..

0 comble (le misères!

D. UODUICIE.

Que de maux el de pleurs nous coûteront nos p6rc:

OniMÈNE.

Kodrigue, qui l'eut cru...

D. r.ODRIClT..

Cliimène, qui l'eût dil.,.

ciinitNF..

Que notre heur fût si proche, et sitôt se perdit?

D. RODRIGUE

r.t que si près du port , contre toute apparence , L*u orage si prompt brisât notre espérance?

CHIMÈNE

Ah! mortelles douleurs!

D. RODRIGUE

Ail! regrets superflus !

CIIIMÈNE.

Va- l'en , encore un coup, je ne t'éconle plus.

D. RODRIGUE

Adieu ; je vais traîner une mourante vie , Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.

cunitNE.

Si j'en obtiens l'effet , je l'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi. .\dieu ; sors , et surtout garde bien qu'on te voie.

ELVIRE

Madame, quelques maux que le ciel nous envoie...

CniMÈXE.

Ne m'importune plus, laisse-moi soupirer. Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

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