Lii cm
Pour souffrir iiu'avfcc loi ma gloire se partage. Mon père et mon honneur ne veulent rien iie>oir Alix traits de ton amour ui de ton désespoir.
D. ROUKIGLU.
Rigoureux point d'iionneurl liélas! ((uoi i(ue je lasse, Ne pourrai-je à la fm obtenir cette grâce.' \i\ nom d'un père mort, ou de notre amitié, Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié Ton malheureux amant aura bien moins de peine A mourir par ta main qu'à vivre avec ta liaine*
CHIMÈ^E.
Va, je ne te hais point.
D. RODRIGLE.
Tu le dois.
chimLne.
Je ne puis.
D. RODRIGUE
Crains-tu si i>eu le blâme, et si peu les taux bruits? Quand on saura mou crime, et «lue ta Uammo dure Que ne publieront point l'envie et l'imposture ! Force-les au silence, tt, sans plus discourir. Sauve ta renommée en me faisant mourir.
CUIMÈ.NE.
Elle éclate bien mieux eu te laissant la vie ; Et je veux que la voix de la plus noire envie Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis, Sachant que je t'adore et que je te poursuis. Va-t'en , ne montre plus à ma douleur extrême Ce qu'il faut que je perde, encore que je l'aime. Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ ; Si l'on te voit sortir, mon honneur cotrt hasard La seule occasion ([u'aura la médisance, C'est de savoir ipi'ici j'ai souiTert ta présence : Ne lui donne point lieu d'attaquer ma vertu.
D. RODRIGUE
Que je meure!...
CHIMÈXE.
Va-t'en.
D. RODKIGLE.
A cpioi te résous-tu .'
CHIMÈXE.
iMaigre des fevix si beau\ «pii troL'"ient ma o 1ère,
AT ri: m, .sci:m: v.
Je lerai mon possible ii liicn vcii^or mon pore; M.iis, malgré la rignoiii li'nn si crnol dcvoi , Mon iiniqnc sonl>ait est de ne rien pouvoir. •
D. ROnr.ICLF..
O iniraclo (ramoiir !
c.nnii:NF..
0 comble (le misères!
D. UODUICIE.
Que de maux el de pleurs nous coûteront nos p6rc:
OniMÈNE.
Kodrigue, qui l'eut cru...
D. r.ODRIClT..
Cliimène, qui l'eût dil.,.
ciinitNF..
Que notre heur fût si proche, et sitôt se perdit?
D. RODRIGUE
r.t que si près du port , contre toute apparence , L*u orage si prompt brisât notre espérance?
CHIMÈNE
Ah! mortelles douleurs!
D. RODRIGUE
Ail! regrets superflus !
CIIIMÈNE.
Va- l'en , encore un coup, je ne t'éconle plus.
D. RODRIGUE
Adieu ; je vais traîner une mourante vie , Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.
cunitNE.
Si j'en obtiens l'effet , je l'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi. .\dieu ; sors , et surtout garde bien qu'on te voie.
ELVIRE
Madame, quelques maux que le ciel nous envoie...
CniMÈXE.
Ne m'importune plus, laisse-moi soupirer. Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.