DORANTE, MÉLISSE, LYSE
DORA>"TK.
Madame, ce n'est rien :
Des marauds , dont le vin embrouiUait la cervelle , Vidaient à coups de poing une vieille querelle ; Ils étaient trois contre un, et le pauvre battu A crier de la sorte exerçait sa vertu.
(bas.)
Si Cliton m'entendait , il compterait pour quatre.
MÉLISSE
Vous n'avez donc point eu d'ennemis à combattre?
DORANTE
Un coup de plat d'épée a tout fait écouler.
UÉUSSE
Je mourais de frayeur, tous y vo} ant aller.
PORA^TE
Que PhUiste est heureux ! qu'il doit aimer la vie !
Vous n'avez pas sujet de lui porter envie.
DOR.ANTE
Vous lui parliez naguère en termes assez doux.
MELISSE.
Je pense d'aujourd'hui n'avoir parlé qu'à vous.
DORANTE
Vous ne lui parliez pas avant tout ce vacarme? Vous ne lui disiez pas que son amour vous charme Qu'aucuns feux à vos feux ne peuvent s'égaler.'
MELISSE.
J'ai tenu ce discours , mais j'ai cru x ous parler. N'êtes- VOUS pas Dorante ?
DORANTE
Oui, je le suis, madame Le malheureux témoin de votre peu de flamme. Ce qu'un moment fit naître, un autre l'a détruit; Et l'ouvrage d'un jour se perd en une nuit.
UÉUSSE.
L'erreur n'est pas un crime; et votre aimable idée, Régnant sur mon esprit , m'a si bien possédée ,