HORACE, CURIACE, CAMILLE
Avez-vous su l'état (pi'on fait de Curiace ' , ,
Ma sœur ? '
CAMILLE
Hélas ! mon sort a bien changé de face.
Armez-vous de constance, et montrez- vous ma sœur;
Et si par mon trépas il retourne vainqueur, ,; , . , .
Ne le recevez point en meurtrier d'un frère , ^
iMais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire ,
Qui sert bien son pays , et sait montrer à tous ,
Far sa haute vertu , qu'il est digne de vous.
Comme si je vivais , achevez l'Iiyménée :
Mais si ce fer aussi tranche sa destinée ,
Faites à ma victoire un pareil traitement , , '
Ne me reprochez point la mort de votre amant. ,
Vos larmes vont couler, et votre cœur se presse. ,
Consumez avec lui toute cette faiblesse , ^
Querellez ciel et terre, et maudissez le sort; ;
Mais après le combat ne pensez plus au moit.
( à Curiace. ) Je ne vous laisserai qu'un moment avec elle, ; , -
Puis nous irons ensemble où l'honneur nous appelle.