‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 87 sur 386 · ACTE IV, SCKNE H. IM · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCKNE H. IM

tl rcdonl)le bienlôt la victoire d'Horace' :

Son cou rage sans force est un débile appui ;

Voulant venger son frère, il tombe auprès de lui. ^ "

L'air résonne des cris (ju'an ciel chacun envoie ;

Albe en jette d'angoisse , et les Romains de joie^.

Comme notre héros se voit près d'achever,

C'est peu pour lui de vaincre , il veut encor braver ^ :

« J'en viens d'immoler deux aux mânes de mes frères j

« Rome aura le dernier de mes trois adversaires,

X C'est à ses intérêts que je vais l'immoler, «

Dit-il ; et tout d'un temps on le voit y voler.

La victoire entre eux deux n'était pas incertaine;

L'Albain percé de coups ne se traînait qu'à peine,

Et , comme une victime aux n)arches de l'autel ,

Il semblait présenter sa gorge au coup mortel :

Aussi le reçoit-il, peu s'en faut , sans défense,

Et son trépas de Rome établit la puissance.

LE VIEIL HOUACE.

O mon fils! ô ma joie! ô l'honneur de nos jours! O d'un État penchant l'inespéré secours ! Vertu digne de Rome , et sang digne d'Horace ! Appui de ton pays , et gloire de ta race ! Quand pourrai-je étoutl'er dans tes embrassements L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments.' Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d'allégresse?

VALÈRE

Vos caresses bientôt pourront se déployer ; Le roi dans un moment vous le va renvoyer, Et remet à demain la pompe qu'il prépare O'un sacrifice aux dieux pour un bonheur si rare; Aujourd'hui seulement on s'ac(iuitte vers eux Par des chants de victoire et [lar de simples voeux.

' hedauble la victoire, yeminata Victoria, expression plua latlBC que française. ( La H.)

» On ne dit plus guère an<;ome, et pourquoi? quel inollui a-t-on substitué ? Douleur, horreur, peine, affliction, ne sont pas des équivalents; angoisse exprime la douleur pressante et la crainte à la fois. (V.)

3 Braver est un verbe actif qui demande toujours un régime ; de plu», ce n'est pas Ici une bravade , c'est un sentiment généreux d'un citoye.i ■qui vcn'^i' ses frères et sa patrie. (V.) rORD. T 1.

iite, HORACE.

Ces! où le roi le mène ' , et tandis il m'envoie Faire office vers vous de douleur et de joie ' ; Mais cet office encor n'est pas assez pour lui ; II y viendra Uii-même , et [leut-être aujourd'liui -. Il croit mal reconnaître une vertu si pure, Si de sa propre bouche il ne vous en assure, S'il ne vous dit chez vous combien vous doit l'État.

De tels remerciments ont pour moi trop d'éclat ,

Et je me tiens déjà trop payé par les vôtres

Du service d'un fils, et du sang des deux autres.

VALÈRE

Il ne sait ce que c'est d'honorer à demi ;

Et son sceptre arraché des mains de l'ennemi

Fait qu'il tient cet honneur qu'il lui plaît de vous faire

Au-dessous du mérite et du fils et du père.

Je vais lui témoigner quels nobles sentiments

La vertu vous inspire en tous vos mouvements,

Et combien vous montrez d'ardeur pour son service.

LE VIEIL HORACE

Je VOUS devrai beaucoup pour un si bon office '.

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