ACTE IV, SCÈNE V. U
Que le bonlicur public fait bien moins ([iiii ma perte,
Et, bâtissant en l'air sur le malheur d'autrui ,
Aussi bien que mon frère il triomi)he de lui.
Mais ce n'est rien encore au prix de ce qui reste :
On demande ma joie en un jour si funeste;
Il me faut applaudir aux exploits du vainqueur.
Et baiser une main qui me perce le crur. . ,-,
En un sujet de pleurs si grand, si légitime.
Se plaindre eit une honte, et soupirer un crime;
Leur brutale vertu veut qu'on s'estime heureux ,
Et si l'on n'est barbare on n'est point généreux. ,
Dégénérons, mon cœur, d'un si vertueux père ' ;
Soyons indigne sœur d'un si généreux frère : ; . •
C'est gloire de passer pour un cœur abattu ,
Quand la brutalité fait la haute vertu.
Eclatez, mes douleurs; à quoi bon vous contraindre?
Quand on a tout perdu, que saurait-on plus craindre?
Pour ce cruel vainqueur n'ayez point de respect;
Loin d'éviter ses yeux , croissez à son aspect ;
Offensez sa victoire, irritez sa colère,
Et prenez, s'il se peut, plaisir à lui déplaire.
Il vient , préparons-nous à montrer constamment
Ce que doit une amante à la mort d'un amant.
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