‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 134 sur 417 · ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELYIRE, BLANCHE · texte numérisé non relu

ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELYIRE, BLANCHE

D. LÉONOR

Aujourd’hui donc , madame ,

Vous allez d’un héros rendre heureuse la flamme ,

Et, d’un mot, satisfaire aux plus ardents souhaits Que poussent vers le ciel vos fidèles sujets.

D. ISABELLE

Dites, dites plutôt qu’aujourd’hui , grandes reines,

Je m’impose à vos yeux la plus dure des gênes,

Et fais dessus moi-même un illustre attentat Pour me sacrifier au repos de l’État.

Que c’est un sort fâcheux et triste que le nôtre,

De ne pouvoir régner que sous les lois d’un autre ;

Et qu’un sceptre soit cru d’un si grand poids pour nous ,

Que pour le soutenir il nous faille un époux !

A peine ai-je deux mois porté le diadème,

Que de tous les côtés j’entends dire qu’on m’aime,

Si toutefois sans crime et sans m’en indigner

4 Quelle reine? Rien n’est annoncé, rien n’est développe. C est surtout dans ces sujets romanesques entièrement inconnus au public , qu’il faut avoir soin de faire l’exposition la plus nette et la plus précise. J’aitnerais encor mieux qu*il déclinât son nom ,

Et dit : Je suis Oreste, ou bien Aganiemiion.

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