‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 172 sur 417 · D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE · texte numérisé non relu

D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE

D. ISABELLE

J’interromps vos secrets, mais j’y prends part moi-même;

DON SANCHE

Et j’ai tant d’intérêt de connaître ce fils,

Que j’ose demander ce qui s’en est appris.

D. LÉONOR

Vous ne m’en voyez point davantage éclaircie.

D. ISABELLE

Mais de qui tenez-vous la mort de don Garcie ,

Yu que, depuis un mois qu’il vient des députés, On parlait seulement de peuples révoltés ?

D. LÉONOR

Je vous puis sur ce point aisément satisfaire ; Leurs gens m’en ont donné la raison assez claire.

On assiégeait encor, alors qu’ils sont partis , Dedans leur dernier fort don Garcie et son fils :

On l’a pris tôt après : et soudain par sa prise Don Raimond prisonnier recouvrant sa franchise, Les voyant tous deux morts , publie à haute voix Que nous avions un roi du vrai sang de nos rois , Que don Sanche vivait, et part en diligence Pour rendre à l’ Aragon le bien de sa présence :

Il joint nos députés, hier, sur la fin du jour,

Et leur dit que ce prince était en votre cour.

C’est tout ce que j’ai pu tirer d’un domestique : Outre qu’avec ces gens rarement on s’explique , Comme ils entendent mal , leur rapport est confus : Mais bientôt don Raimond vous dira le surplus.

Que nous veut cependant Blanche tout étonnée?

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