‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 18 sur 417 · CLÉOPÂTRE, LAON1CE · texte numérisé non relu

CLÉOPÂTRE, LAON1CE

CLEOPATRE

Laonice , vois-tu que le peuple s’apprête Au pompeux appareil de cette grande fête?

LAONICE

La joie en est publique , et les princes tous deux Des Syriens ravis emportent tous les vœux :

L’un et l’autre fait voir un mérite si rare ,

Que le souhait confus entre les deux s’égare;

sons d’illustres marques est faible; on laisse des marques de quelque chose : marques n’est là qu’un mot impropre pour rimer à monarques. Plût à Dieu que du temps de Corneille un Despréaux eût pu l’accoutumer a faire des vers difficilement! (V.)

» A quoi se rapporte ce vous ? il ne peut se rapporter qu’au recours des impuissants, à cette haine dissimulée dont elle a parlé treize vers auparavant ; elle s’entretient donc avec sa haine dans ce monologue : convenons que cela n’est point dans la nature. Il régnait dans ce tempslà un faux goût dans toute l’Europe , dont on a eu beaucoup de peine à se défaire : ces apostrophes à ses passions, ces efforts qu’on faisait pour ne pas parler naturellement, étaient à la mode en Italie, en Espagne, en Angleterre. Corneille , dans les moments de passion , sc livra rarement à ce défaut; mais il s’y laissa souvent entraîner dans les morceaux de déclamation. Le reste du .monologue est plein de force.

AM

Page 1