‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 21 sur 417 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CLÉOPÂTRE, ANTIOCHUS, SÉLEUCUS, LAOiMCE

CLÉOPATllE.

Mes enfants, prenez place. Enfin voici le jour Si doux à mes souhaits , si cher à mon amour ,

Oii je puis voir briller sur une de vos têtes Ce que j’ai conservé parmi tant de tempêtes,

Et vous remettre un bien , après tant de malheurs,

Qui m’a coûté pour vous tant de soins et de pleurs.

11 peut vous souvenir quelles furent mes larmes Quand Tryphon me donna de si rudes alarmes ,

Que , pour ne vous pas voir exposés à ses coups ,

Il fallut me résoudre à me priver de vous.

Quelles peines depuis , grands dieux ! n’ai-je souffertes ! Chaque jour redoubla mes douleurs et mes pertes.

Je vis votre royaume entre ces murs réduit;

Je crus mort votre père ; et sur un si faux bruit Le peuple mutiné voulut avoir un maître.

J’eus beau le nommer lâche, ingrat, parjure, traître,

11 fallut satisfaire à son brutal désir,

Et, de peur qu’il en prît, il m’en fallut choisir r.

Pour vous sauver l’État que n’eussé-je pu faire2 Je choisis tin époux avec des yeux de mère,

fautes , et cependant le caractère de Cléopâtre est imposant , et excite un très-grand intérêt de curiosité : le spectateur est comme la conlidente; il apprend de moment en moment des choses dont il attend là Suite. (V.)

1 11 faut , dans la rigueur, de peur qu’il n’en prit un, parce qu’il s’a» git ici d’un roi , et non pas d’un iiom générique. iV.)

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