ACTE IV, SCÈNE I. T8â
Contre un si grand rival j’agis à force ouverte ,
Sans blesser son honneur , sans pratiquer sa perte. J’emprunte du secours, et le fais hautement;
Je crois qu’il n’agit pas moins généreusement,
Qu’il n’a que les desseins où sa gloire l’invite ,
Et n’oppose à mes vœux que son propre mérite.
ARSINOÉ
Vous êtes peu du monde , et savez mal la cour.
ATTALE
Est-ce autrement qu’en prince on doit traiter l’amour?
ARSINOÉ
Vous le traitez , mon fils , et parlez en jeune homme.
ATTALE
Madame , je n’ai vu que des.vertus à Rome.
ARSINOÉ
Le temps vous apprendra , par de nouveaux emplois ,
Quelles vertus il faut à la suite des rois.
Cependant , si le prince est encor votre frère ,
Souvenez-vous aussi que je suis votre mère ;
Et, malgré les soupçons que vous avez conçus.
Venez savoir du roi ce qu’il croit là-dessus.