‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 265 sur 417 · SERTORIUS, VIRIATE, THAMIRE · texte numérisé non relu

SERTORIUS, VIRIATE, THAMIRE

Que direz-vous, madame,

Du dessein téméraire où s’échappe mon âme 1 ?

N’est-ce point oublier ce qu’on vous doit d’honneur,

Que demander à voir le fond de votre cœur?

Il est si peu fermé , que chacun y peut lire ,

Seigneur, peut-être plus que je ne puis vous dire ;

Pour voir ce qui s’y passe, il ne faut que des yeux.

J’ai besoin toutefois qit’il s’explique un peu mieux.

Tous vos rois à l’envi briguent votre hyménée ;

Et comme vos bontés font notre destinée ,

Par ces mêmes bontés j’ose vous conjurer,

En faisant ce grand choix , de nous considérer.

Si vous prenez un prince inconstant , infidèle,

Ou qui pour le parti n’ait pas assez de zèle ,

Jugez en quel état nous nous verrons réduits.

Si je pourrai longtemps encor ce que je puis,

* Une flme ne s’échappe point h un dessein. (V.)

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