‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 282 sur 417 · ACTE IIJ, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IIJ, SCÈNE II

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ARISTIE

Tandis que vous avez à Rome une autre femme?

Que par un autre hymen vous me déshonorez?

Me punissent les dieux que vous avez jurés.

Si , passé ce moment, et hors de votre vue ,

Je vous garde une foi que vous avez rompue !

POMPÉE

Qu’allez- vous faire ? hélas !

ARISTIE

Ce que vous m’ensçignez.

pompée.

Éteindre un tel amour !

ARISTIE

Vous-même l’éteignez.

pompée.

La victoire aura droit de le faire renaître.

ARISTIE

Si ma haine est trop faible , elle la fera crattre.

pompée.

Pourrez- vous me haïr?

ARISTIE

J’en fais tous mes souhaits.

POMPÉE

Adieu donc pour deux jours.

ARISTIE

Adieu pour tout jamais M

1 Ce dialogue pressé, rapide, coupé, est souvent, dans Corneille, d’une grande beauté. 11 ferait beaucoup d’effet entre deux amants ; il n’en fait point entre un mari et une femme qui ne sont pas dans une situation assez douloureuse. Il était impossible de faire d’un tel sujet une véritable tragédie. Les demi-passions ne réussissent jamais à la longue ; et les intérêts politiques peuvent tout au plus produire quelques beaux vers qu’on aime à citer. La seule scène de Sertorius et de Pompée suffisait alors à une nation qui sortait des guerres civiles. .Ou 11’avait rien d’aucun auteur qu’on pût comparer à ce morceau sublime, et on pardonnait à tout le reste en faveur de ces beautés qui n’appar* tenaient, dans le inonde entier, qu’à Corneille. (V.)

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