‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 283 sur 417 · SERTORIUS , THAMIRE · texte numérisé non relu

SERTORIUS , THAMIRE

Pourrai-je voir la reine?

TÜAMIRE.

Attendant qu’elle vienne , Elle m’a commandé que je vous entretienne ,

Êt veut demeurer seule encor quelques moments.

Ne m’apprendrez* vous point où vont ses sentiments , Ce que doit Perpenna concevoir d’espérance?

THAMIRE

Elle ne m’en fait pas beaucoup de confidence;

Mais j’ose présumer qu’offert de votre main 11 aura peu de peine à fléchir son dédain.

Vous pouvez tout sur elle.

Ah ! j’y puis peu de chose , Si jusqu’à l’accepter mon malheur la dispose ;

Ou , pour en parler mieux , j’y puis trop , et trop peu.

THAMIRE

Elle croit fort vous plaire en secondant son feu.

Me plaire?

THAMIRE

Oui : mais , seigneur, d’où vient cette surprise ?

1 I.cs scènes avec les subalternes sont d'ordinaire très-froides dans la tragédie, à moins que ces personnages secondaires n’apportent des nouvelles intéressantes , ou qu’ils ne donnent lieu à des explications plus intéressantes encore. Mais ici Sertorius demande simplement des nouvelles; il veut savoir où vont les sentiments de Viriate, quoique des sentiments n’aillent point. Thamire semble un peu le railler, en lui (lisant que Perpenna, offert par lui , fléchira le dédain de la reine; et Sertorius répond qu’il a pour elle un violent respect. Cela n’est pas fort tragique (V.)

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