SCÈNE IP
V1RIATE , SERTORIUS, THAMIRE.
On m’a dit qu’Aristie a manqué son projet ,
qu’est-ce qu’une reine qui est sensible à de nouveaux désirs, et qui entend des raisons et non pas des soupirs? Et cette suivante qui n’entend pas bien ce qu’un soupir veut dire, et qui serait un meilleur truchement ? Non .jamais on n’a rien mis de plus mauvais sur la scène tragique. On dira tant qu’on voudra que cette critique est dure ; je dois et je veux la publier, parce que je déteste le mauvais autant que j’idolâtre le bon. (V.)
» Profitez de mes avis , mais ne me nommez pas ; discours de soubrette ridicule. A quoi sert cette froide scène de comédie? Mais il faut remplir son acte , mais il faut donner à un parterre , souvent ignorant , grossier et tumultueux, trois cents vers pour les cinq sous qu’on payait alors. Non, il faut bien plutôt ne donner que deux cents beaux vers par acte que trois cents mauvais. Il ne faut point prostituer ainsi l’art de la poésie. Il est honteux qu’il y ait en France un parterre où les spectateurs sont debout, pressés, gênés, nécessairement tumultueux; peutêtre c’est encore un mal qu’on donne des spectacles tous les jours ; s’ils étaient plus rares. Ils pourraient devenir meilleurs :
V oluptates commenclat rarior us us. (V.)
2 Cette scène remplie d’ironie et de coquetterie semble bien peu convenable à Sertorius et à Viriate. Les vers en paraissent aussi contraints