‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 289 sur 417 · ACTE IY , SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IY , SCÈNE III

Je conserve des jours qu’elle veut vous ravir.

Prenez le diadème , et laissez-la servir.

11 est beau de tenter des choses inouïes ,

Dût-on voir par l’effet ses volontés trahies.

Pour moi, d’un grand Romain je veux faire un grand roi ; Vous , s’il y faut périr, périssez avec moi :

C’est gloire de se perdre en servant ce qu’on aime.

Mais porter dès l’abord les choses à l’extrême ,

Madame , et sans besoin faire des mécontents !

Soyons heureux plus tard, pour l’être plus longtemps.

Une victoire ou deux jointes à quelque adresse...

Vous savez que l’amour n’est pas ce qui me presse ,

Seigneur. Mais, après tout, il faut le confesser,

Tant de précaution commence à me lasser.

Je suis reine; et qui sait porter une couronne,

Quand il a prononcé, n’aime point qu’on raisonne.

Je vais penser à moi , vous penserez à vous.

Ah! si vous écoutez cet injuste courroux...

Je n’en ai point, seigneur; mais mon inquiétude Ne veut plus dans mon sort aucune incertitude :

Vous me direz demain où je dois l’arrêter.

Cependant je vous laisse avec qui consulter.

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