ACTE IY , SCÈNE III
Je conserve des jours qu’elle veut vous ravir.
Prenez le diadème , et laissez-la servir.
11 est beau de tenter des choses inouïes ,
Dût-on voir par l’effet ses volontés trahies.
Pour moi, d’un grand Romain je veux faire un grand roi ; Vous , s’il y faut périr, périssez avec moi :
C’est gloire de se perdre en servant ce qu’on aime.
Mais porter dès l’abord les choses à l’extrême ,
Madame , et sans besoin faire des mécontents !
Soyons heureux plus tard, pour l’être plus longtemps.
Une victoire ou deux jointes à quelque adresse...
Vous savez que l’amour n’est pas ce qui me presse ,
Seigneur. Mais, après tout, il faut le confesser,
Tant de précaution commence à me lasser.
Je suis reine; et qui sait porter une couronne,
Quand il a prononcé, n’aime point qu’on raisonne.
Je vais penser à moi , vous penserez à vous.
Ah! si vous écoutez cet injuste courroux...
Je n’en ai point, seigneur; mais mon inquiétude Ne veut plus dans mon sort aucune incertitude :
Vous me direz demain où je dois l’arrêter.
Cependant je vous laisse avec qui consulter.