SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE
PERPENNA , à Aufide.
Dieux ! qui peut faire ainsi disparaître la reine?
* Cette scène paraît encore moins digne de la tragédie que les précédentes. Perpenna et Serlorius ne s’entendent point : l’un dit : Je parlais de Sylla ; l’autre : Je parlais de la reine. Ces petites méprises ne sont permises que dans la comédie. Il est vrai que cette scène est toute comique : Quelque chose qui le gêne. Savez-vous ce qu’on dit? L’avezvous mis fort loin au delà de la porte ? Je me suis dispensé de le mener plus loin. Nous n’avons rien conclu , mais ce n’est pas ma faute. Si je m’en trouvais mal , votts ne seriez pas bien... Tout le reste est écrit de ce style. (V.)
aufide p à Perpenna.
Lui-même a quelque chose en l’âme qui le gêne, Seigneur; et notre abord le rend tout interdit.
De Pompée en ces lieux savez- vous ce qu’on dit? L’avez-vous mis fort loin au delà de la porte?
PERPENNA
Comme assez près des murs il avait son escorte ,
Je me suis dispensé de le mettre plus loin.
Mais de votre secours , seigneur, j’ai grand besoin. Tout son visage montre une fierté si haute...
Nous n’avons rien conclu , mais ce n’est pas ma faute Et vous savez...
PERPENNA
Je sais qu’en de pareils débats...
Je n’ai point cru devoir mettre les armes bas ;
Il n’est pas encor temps.
PERPENNA
Continuez , de grâce ;
Il n’est pas encor temps que l’amitié se lasse.
Votre intérêt m’arrête autant comme le mien :
Si je m’én trouvais mal , vous ne seriez pas bien.
PERPENNA
De vrai , sans votre appui je serais fort à plaindre; Mais je ne vois pour vous aucun sujet de craindre.
Je serais le premier dont on serait jaloux;
Mais ensuite le sort pourrait tomber sur vous.
Le tyran après moi vous craint plus qu’aucun autre , Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre.
Nous ferons bien tous deux d’attendre plus d’un an.
PERPENNA
Que parlez-vous, seigneur, de tête et de tyran?
Je parle de Sylla ; vous le devez connaître.
PERPENNA
Et je parlais des feux que la reine a fait naître.
Nos esprits étaient donc également distraits;