‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 290 sur 417 · SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE · texte numérisé non relu

SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE

PERPENNA , à Aufide.

Dieux ! qui peut faire ainsi disparaître la reine?

* Cette scène paraît encore moins digne de la tragédie que les précédentes. Perpenna et Serlorius ne s’entendent point : l’un dit : Je parlais de Sylla ; l’autre : Je parlais de la reine. Ces petites méprises ne sont permises que dans la comédie. Il est vrai que cette scène est toute comique : Quelque chose qui le gêne. Savez-vous ce qu’on dit? L’avezvous mis fort loin au delà de la porte ? Je me suis dispensé de le mener plus loin. Nous n’avons rien conclu , mais ce n’est pas ma faute. Si je m’en trouvais mal , votts ne seriez pas bien... Tout le reste est écrit de ce style. (V.)

aufide p à Perpenna.

Lui-même a quelque chose en l’âme qui le gêne, Seigneur; et notre abord le rend tout interdit.

De Pompée en ces lieux savez- vous ce qu’on dit? L’avez-vous mis fort loin au delà de la porte?

PERPENNA

Comme assez près des murs il avait son escorte ,

Je me suis dispensé de le mettre plus loin.

Mais de votre secours , seigneur, j’ai grand besoin. Tout son visage montre une fierté si haute...

Nous n’avons rien conclu , mais ce n’est pas ma faute Et vous savez...

PERPENNA

Je sais qu’en de pareils débats...

Je n’ai point cru devoir mettre les armes bas ;

Il n’est pas encor temps.

PERPENNA

Continuez , de grâce ;

Il n’est pas encor temps que l’amitié se lasse.

Votre intérêt m’arrête autant comme le mien :

Si je m’én trouvais mal , vous ne seriez pas bien.

PERPENNA

De vrai , sans votre appui je serais fort à plaindre; Mais je ne vois pour vous aucun sujet de craindre.

Je serais le premier dont on serait jaloux;

Mais ensuite le sort pourrait tomber sur vous.

Le tyran après moi vous craint plus qu’aucun autre , Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre.

Nous ferons bien tous deux d’attendre plus d’un an.

PERPENNA

Que parlez-vous, seigneur, de tête et de tyran?

Je parle de Sylla ; vous le devez connaître.

PERPENNA

Et je parlais des feux que la reine a fait naître.

Nos esprits étaient donc également distraits;

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