‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 32 sur 417 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Le conseil tiras- tu cet effort sur ma flamme 1 ,

Toi, son vivant portrait, que j’adore dans l’âme,

Cher prince, dont je n’ose en mes plus doux souhaits Fier encor le nom aux murs de ce palais ?

Je sais quelles seront tes douleurs et tes craintes;

Je vois déjà tes maux , j’entends déjà tes plaintes :

Mais pardonne aux devoirs qu’exige enfin un roi A qui tu dois le jour qu’il a perdu pour moi.

J’aurai mêmes douleurs, j’aurai mêmes alarmes;

S’il t’en coûte un soupir, j’en verserai des larmes2.

Mais, dieux! que je me trouble en les voyant tous deux Amour, qui me confonds , cache du moins tes feux ;

Et content de mon cœur dont je te fais le maître,

Dans mes regards surpris garde-toi de paraître.

Page 1