‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 328 sur 417 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LE COMTE D’ESSEX, CROMMER , suite.

CROMMER.

C’est avec déplaisir que je parais ici;

Mais un ordre cruel, dont tout mon cœur soupire...

LE COMTE D’ESSEX

Quelque fâcheux qu’il soit, vous pouvez me le dire.

CROMMER.

J’ai charge...

LE COMTE D’ESSEX

Eh bien, de quoi? parlez sans hésiter.

CROMMER.

De prendre votre épée , et de vous arrêter.

1 LE COMTE D’ESSEX. 9

Mon épée ?

CROMMER.

A cet ordre il faut que j’obéisse.

LE COMTE D’ESSEX

Mon épée? Et loutrage est joint à l’injustice?

CROMMER.

Ce n’est pas sans raison que vous vous étonnez ; J’obéis à regret, mais je le dois.

LE COMTE D’ESSEX , lui donnant son épée.

Prenez.

Vous avez dans vos mains ce que toute la terre 1 A vu plus d’une fois utile à l’Angleterre.

Marchons : quelque douleur que j’en puisse sentir,

La reine veut se perdre, il faut y consentir.

s Ces vers et la situation frappent ; on n’examine pas si toute la terre est «il mot un peu oiseux amené pour rimer à l’Angleterre, si cette épée a été si utile : on est touché. Mais lorsque Essex ajoute .•

Quelque douleur que j’en puisse sentir,

La reine veut se perdre , il faut y consentir,

tout homme un peu instruit sc révolte contre une bravade si dop!.: CCI* . (V.)

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