SCÈNE III L
ÉLISABETH, SALSBURY.
SÀLSBURY.
Madame, pardonnez à ma douleur extrême ,
Si , paraissant ici pour un autre moi-même,
1 La scène du prétendu comte de Salsbury avec la reine a quelque chose de touchant; mais II reste toujours cette incertitude et cet embarras qui font peine. On ne sait pas précisément de quoi il s’agit. Le crime ne suit pas toujours l'apparence . Craignez les injustices de ceux qui de sa mort se rendent les coniplices. La reine doit donc ’ alors, séduite par sa passion, penser comme Salsbury, croire Essex innocent, mettre ses accusateurs entre les mains de la justice , et faire condamner celui qui sera trouvé coupable. Mais après que ce Salsbury a dit que les Injustices rendent complices les juges du comte d’E.ssex , il parle à la reine de clémence ; il dit que la clémence a toujours eu ses droits , et qu'elle ’ast la vertu la plus digne des rois. Il avoue donc que le comte d’Essex est criminel. A laquelle de eesr deux idées faudra-t-il s’arrêter? à quoi faudra-t-il se fixer? La reine réjkm'd qu’Essex est trop fier, que c'est l’ordinaire écueil des Yimbitîeux, qu’«7 s'est fait un outrage des soins qu'elle a pris pour Retourner l'orage, et que si la tête du comte. fait raison à la reine *1* sa fierté , c'est sa faute. Le spectateur a pu passer de tels .discours; le recteur est moins indulgent. (V.j