‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 363 sur 417 · CHARLOTTE, PIERROT · texte numérisé non relu

CHARLOTTE, PIERROT

CHARLOTTE

Notre-dinse, Piarrot , pour les tirer de peine Tu t’es là, rencontré bian à point.

PIERROT

Oh! marguienne,

Sans nous, c’en était fait.

CHARLOTTE

Je le crois bian.

PIERROT.1

Vois-tu ?

11 ne s’en fallait pas l’époisseur d’un fétu ,

Tou deux de se nayer eussiont tait la sottise.

CHARLOTTE

C’est don l’vent d’à matin...

PIERROT

Aga 1 , quien , sans feintise ,

Je te vas tout fin drait conter par le menu Comme , en n’y pensant pas , le hasard est venu.

Il aviont bian besoin d’un œil comme le nôtre ,

Quilès vît de tout loin ; car c’est moi, corn’ s’ dit l’autre,

Qui les ai le premier avisés. Tanquia don ,

Sur le bord de la mar bian leu prend que j’équion ,

Où de tarre Gros- Jean me jetait une motte,

Tout en batifolant; car, com’ tu sais, Charlotte,

Pour v’nir batifoler Gros-Jean ne charche qu’où ;

Et moi , par fouas aussi , je batifole itou.

En batifolant don , j’ai fait l’apercevance . D’un grouillement su gliau , sans voir la différence De c’ qui pouvait grouiller : ça grouillait à tous coups ,

1 Interjection admiralive , encore usitée parmi le peuple, dans quelques provinces de France. Ce mot est une abréviation de agardez , qui s’employait autrefois pour regardez, voyez un peu.

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