‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 364 sur 417 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Et, grouillant par secousse, allait comme envars nous. J’étas embarrassé; c' n'était point stratagème ,

Et, tout corn’ je te vois, je voyas ça de même,

Aussi fixiblement; et pis tout d’un coup , qiiien,

Je voyas qu’après ça je ne voyas plus rien.

Hé, Gros-Jean , c’ai-je fait, stanpendant que je somme A niaiser parmi nous , je pens’ que v’ià de zomme Qui nagiant tout là-bas. Bon , c’ m’a-t-i fait, vrament , T'auras de queuque chat vu le trépassement ;

T'as la veu’ trouble. Oh bien , c’ai-je fait , t’as biau dire ,

Je n’ai- point la veu’ trouble, et c’ n’est point jeu pour rire. C’est là de zomme. Point , c’ m’a-t-i fait , c’ n’en est pas , Piarrot, t'as la barlue. Oh ! j'ai c' que tu voudras ,

C’ai-je fait ; mais gageons que j’ n’ai point la barlue ,

Et qu’ çâ qu'en voit là-bas , c’ai-je fait , qui remue ,

C’est de zomme , vois-tu /qui nageont vars ici.

Gag' que non, c’ m’a-t-i fait. Oh ! margué, gag’ que si.

Dix sous. Oh ! c’ m’a-t-i fait , je le veux bian , marguienne ; Quien , mets argent su jeu , v’ià le mien. Palsanguienne ,

Je n’ai fait là-dessus l’étourdi, ni le fou ;

J’ai bravement bouté par tarre mé dix sou ,

Quatre pièce tapée , et le restant en double :

Jarnîgué, je varron si j’avon la veu’ trouble,

C’ai-je fait , les boutant... plus hardiment enfin Que si j’eusse avalé queuque.varre de vin ;

Car j’ sis hasardeux, moi : qu’en me mette en boutade,

Je vas , sans tant d’ raisons , tout à la débandade.

Je savas bian pourtant c’ que j’ faisas d’en par là :

Queuque niais ! Enfin don , j’ non pas putôt mis , v’ià Que j’ voyons tout à plain com’ deu zomme à la nage Nous faision signe ; et moi, sans rien dir’ davantage ,

De prendre le zenjeux. Allon , Gros- Jean , allon ,

C’ai-je fait, vois-tu pas comme i nou zappelon?

I s’ vont nayer. Tant mieux, c’ m’a-t-i fait, je m’en gausse, I m’ant fait pardre. Adon , le tirant par lé chausse,

J’ l’ai si bian sarmoné , qu’à la parfm vars eux J’avon dans une barque avironné tou deux ;

Et pis , cahin calia, j’on tant fait que je somme Venus tout contre ; et pis j’ les avons tirés , comme ils aviont quasi bu déjà pu que de jeu.

Et pis j’ le zon dieu nous menés auprès du feu.

LE FESTIN DE PIERRE

Où je P zon vus tpu nus sécher leu zoupelandç;

Et pis il en est v’nu deux autres de leu bande,

Qui s’éguian , vois-tu bian , sauvés tous seuls ; et pis Mathurine est venue à voir leu biau zabits ;

Et pis i liont conté qu’ai n’était pas tant sotte ,

Qu’ai avait du malin dans l’œil; et pis, Charlotte,

V’ià tout com’ ça s’est fait pour te 1’ dire en un mot.

CHARLOTTE

Et ne m’ disais-tu pas qu’ glien avait un , Piarrot , Qu’était bian pu mieux fait que tretous?

PIERROT

C’est le maître ,

Queuque bian gros monsieur , dé pu gros qui puisse être Car i n’a que du dor par ilà , par ici ;

Et ceux qui le sarvont son dé monsieus aussi. Stanpandant, si je n’eûme été là, palsanguienne ,

Il en tenait.

CHARLOTTE

Ardé * un peu.

PIERROT

Jamais , marguienne ,

Tout gros monsieu qu’il est, il n’en fût revenu.

CHARLOTTE

Et cheu toi ; dis , Piarrot , est-il encor tout nu ?

PIERROT

Nannain : tou devant nou , qui le regardion faire ,

I l’avon rhabillé. Monguieu , combian d’affaire 1 J’ n’avais vu s’habiller jamais de courtisans,

Ni leu zangingorniaux : je me pardrais dedans.

Pour lé zy faire entré , comme n’en lé ballotte î J’étas tout ébobi de voir çà. Quien, Charlotte,

Quand i sont zabillés, y vous zan tout à point De grands cheveux touffus , mais qui ne tenont point A leu tête, et pis v’ià tout d’un coup qui l’y passe :

I boutont ça tout comme un bonnet de filasse.

Leu chemise, qu’à voir j’étas tout étourdi ,

Ant dé manche , où tou deux j’entrerions tout brandi.

En de glieu d’haut de chausse ils ant sartaine histoire Qui ne leu vient que là. J’auras bian de quoi boire r

1 Autre abréviation de regarder .

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