‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 366 sur 417 · ACTE II , SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE I

Jarni, v’ià c’ qu’ c’est qu’aimer; mais, margué, l’.en mebarce. Quand dret comme un piquet j’ voi que tu viens te parcher, Tu n* me dis jamais mot; et j’ai biau t’entincher,

En glieu de m* faire présent d’un’ bonne égratignure,

De m’ bailler queuque coup, ou d’ voir par avanture Si j’ sis poiht chatouilleux , tu te grates les doigts ;

Et t’es là toujou comme un’ vrai souche de bois.

T’est trop fraide , vois-tu : ventregué ! ça me choque.

CHARLOTTE

C’est mon imeur, Piarrot; que veux-tu?

PIERROT

Tu te moque!

Quand l’en aime les gens, l’en en baille toujou Queuqu’ petit’ signifiance.

charlotte.

Oh! cherche donc par où.

S’ tu penses qu’à t’aimer queuque autre soit pu prompte , Va l’aimer, j* te l’accorde.

PIERROT

Hé bian , v’ià pas mon compte?

Tatigué, s’ tu m’aimais, m* dirais-tu ça?

CHARLOTTE

Pourquoi

M’ viens-tu tarabuster toujou l’esprit ?

PIERROT

Dis-moi ,

Queu mal t’ fais-je à vouloir que tu m’ fasses paraître Un peu pu d’amiquié?

CHARLOTTE

Va, ça m’ viendra peut-être Ne me presse point tant, et laisse faire.

PIERROT

Hé bian ,

Touche don là, Charlotte, et d’ bon cœur. *

CHARLOTTE

Hé bian ! quian.

PIERROT

Promets qu’ tu tâchera zà m’aimer davantage.

CHARLOTTE

Est-ce là ce monsieu ?

PIERROT

Oui , le v’ià.

LE FESTIN DE PIERRE

CHARLOTTE

Queu dommage

Qu’il eût été nayé ! Qu’il est genti !

pierrot.

Je vas

Boire chopeine : agieu , je ne tarderai pas.

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