‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 367 sur 417 · D. JUAN, SGANARELLE, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

D. JUAN, SGANARELLE, CHARLOTTE

11 n’y faut plus penser, c’en est fait, Sganarelle;

La force entre mes bras allait mettre la belle, Lorsque ce coup de vent, difficile à prévoir, Renversant notre barque, a trompé mon espoir.

Si par là de mon feu l’espérance est frivole , L’aimable paysanne aisément m’en console ;

Et c’est une conquête assez pleine d’appas ,

Qui dans l’occasion ne m’échappera pas.

Déjà par cent douceurs j’ai jeté dans son âme Des dispositions à bien traiter ma flamme :

On se plaît à m’entendre, et je puis espérer Qu’ici je n’aurai pas longtemps à soupirer.

SGANARELLE

Ah ! monsieur, je frémis à vous entendre dire.

Quoi ! des bras de la môrt quand le ciel nous retire, Au lieu de mériter, par quelque amendement,

Les bontés qu’il répand sur nous incessamment;

Au lieu de renoncer aux folles amourettes,

Qui déjà tant de fois... Paix , coquin que vous êtes : Monsieur sait ce qu’il fait; et vous ne savez, vous, Ce que vous, dites.

D. JUAN

Ah! que vois-je auprès de nous?

SGANARELLE

Qu’est-ce ?

n. JUAN.

Tourne les yeux , Sganarelle, et condamne La surprise où me met cette autre paysanne.

D’où sort-elle? peut-on rien voir de. plus charmant? Celle-ci vaut bien l’autre , et mieux.

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