JUAN
Laissez-la-moi baiser.
CHARLOTTE
C’est trop d’honneur pour moi ; j’ nos’rois vous refuser Mais si j’eus* su tout ça devant votre arrivée ,
Exprès aveu du son je m’ la serais lavée.
D. JUAN
Vous n’êtes point encor mariée?
CHARLOTTE
Oh! non pas,
Mais je dois bientôt l’être au fils du grand Lucas •
Il se nomme Piarrot. C’est ma tante Phlipottc Qui nous fait marier.
D. JUAN
Quoi ! vous , belle Charlotte ,
D’un simple paysan être la femme? Non :
II vous faut autre chose ; et je crois tout de bon Que le ciel m’a conduit exprès dans ce village Pour rompre cet injuste et, honteux mariage :
Car enfui je vous aime ; et malgré les jaloux ,
Pourvu que je vous plaise , il ne tiendra qu’à vous Qu’on ne trouve moyen de vous faire paraître Dans l’éclat des honneurs où vous méritez d’être.
Cet amour est bienjjrompt., je l’avouerai ; mais, quoi ! Vos beautés tout d’un coup ont triomphé de moi ;
Et je vous aime autant, Charlotte, en un quart d’heure, Qu’on aimerait une autre en six mois.
CHARLOTTE
Oui?
D. JUAN
S’il est rien de plus vrai !
Je meure
CHARLOTTE
Monsieu, je voudrais bien