‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 369 sur 417 · JUAN · texte numérisé non relu

JUAN

Laissez-la-moi baiser.

CHARLOTTE

C’est trop d’honneur pour moi ; j’ nos’rois vous refuser Mais si j’eus* su tout ça devant votre arrivée ,

Exprès aveu du son je m’ la serais lavée.

D. JUAN

Vous n’êtes point encor mariée?

CHARLOTTE

Oh! non pas,

Mais je dois bientôt l’être au fils du grand Lucas •

Il se nomme Piarrot. C’est ma tante Phlipottc Qui nous fait marier.

D. JUAN

Quoi ! vous , belle Charlotte ,

D’un simple paysan être la femme? Non :

II vous faut autre chose ; et je crois tout de bon Que le ciel m’a conduit exprès dans ce village Pour rompre cet injuste et, honteux mariage :

Car enfui je vous aime ; et malgré les jaloux ,

Pourvu que je vous plaise , il ne tiendra qu’à vous Qu’on ne trouve moyen de vous faire paraître Dans l’éclat des honneurs où vous méritez d’être.

Cet amour est bienjjrompt., je l’avouerai ; mais, quoi ! Vos beautés tout d’un coup ont triomphé de moi ;

Et je vous aime autant, Charlotte, en un quart d’heure, Qu’on aimerait une autre en six mois.

CHARLOTTE

Oui?

D. JUAN

S’il est rien de plus vrai !

Je meure

CHARLOTTE

Monsieu, je voudrais bien

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