SCÈNE PREMIÈRE
D. JUAN, SGANARELLE
D. JUAN
Cesse de raisonner sur une bagatelle :
Un faux rapport des yeux n’est pas chose nouvelle;
Et souvent il ne faut qu’une simple vapeur Pour faire ce qu’en toi j’imputais à la peur.
La vue en est troublée, et je tiens ridicule. ,.
Quoi! là-dessus encor vous êtes incrédule?
Et ce qué de nos yeux , de ces yeux que voilà ,
Tous deux nous avons vu , vous le démentez? Là , Traitez-moi d’ignorant , d’impertinent, de bête.
Il n’est rien de plus vrai que ce signe de tête;
Et je ne doute point que , pour vous convertir ,
Le ciel , qui de l’enfer cherche à vous garantir ,
N’ait rendu tout exprès ce dernier témoignage.
D. JUAN
Écoute. S’il t’échappe un seul mot davantage
Sur tes moralités , je vais faire venir
Quatre hommes des plus forts , te bien faire tenir.
Afin qu’un nerf de bœuf à loisir te réponde.
M’entend s-tu? dis.
SGANARELLE
Fort bien , monsieur, le mieux du monde. Vous vous expliquez net ; c’est là ce qui me plaît.
D’autres ont des détours , qu’on ne sait ce que c’est ;
Mais vous, en quatre mots vous vous faites entendre,
Vous dites tout; rien n’est si facile à comprendre.
n. JUAN.
Qu’on me fasse dîner le plus tôt qu’on pourra.
Un siège.
LE FESTIN DE PIERRE
,jv.o
SGANARELLE , à la Violette. '
Va savoir quand monsieur dînera;
Dépêche. j