‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 392 sur 417 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

D. JUAN, SGANARELLE

D. JUAN

Cesse de raisonner sur une bagatelle :

Un faux rapport des yeux n’est pas chose nouvelle;

Et souvent il ne faut qu’une simple vapeur Pour faire ce qu’en toi j’imputais à la peur.

La vue en est troublée, et je tiens ridicule. ,.

Quoi! là-dessus encor vous êtes incrédule?

Et ce qué de nos yeux , de ces yeux que voilà ,

Tous deux nous avons vu , vous le démentez? Là , Traitez-moi d’ignorant , d’impertinent, de bête.

Il n’est rien de plus vrai que ce signe de tête;

Et je ne doute point que , pour vous convertir ,

Le ciel , qui de l’enfer cherche à vous garantir ,

N’ait rendu tout exprès ce dernier témoignage.

D. JUAN

Écoute. S’il t’échappe un seul mot davantage

Sur tes moralités , je vais faire venir

Quatre hommes des plus forts , te bien faire tenir.

Afin qu’un nerf de bœuf à loisir te réponde.

M’entend s-tu? dis.

SGANARELLE

Fort bien , monsieur, le mieux du monde. Vous vous expliquez net ; c’est là ce qui me plaît.

D’autres ont des détours , qu’on ne sait ce que c’est ;

Mais vous, en quatre mots vous vous faites entendre,

Vous dites tout; rien n’est si facile à comprendre.

n. JUAN.

Qu’on me fasse dîner le plus tôt qu’on pourra.

Un siège.

LE FESTIN DE PIERRE

,jv.o

SGANARELLE , à la Violette. '

Va savoir quand monsieur dînera;

Dépêche. j

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