‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 393 sur 417 · D. LOUIS, D. JUAN, SGANARELLE, LA VIOLETTE · texte numérisé non relu

D. LOUIS, D. JUAN, SGANARELLE, LA VIOLETTE

D. JUAN

Que veut-on?

LA VIOLETTE

C’est monsieur votre père.

D. JUAN

Ah ! que cette visite était peu nécessaire !

Quels contes de nouveau me vient-il débiter ?

Qu’il a de temps à perdre !

SGANARELLE

11 le faut écouter.

D. LOUIS

Ma présence vous choque , et je vois que sans peine Vous pourriez vous passer d’un père qui vous gêne.

Tous deux , à dire vrai , par plus d’une raison ,

Nous nous incommodons d’une étrange façon :

Et , si vous êtes las d’ouïr mes remontrances ,

.Te suis bien las aussi de vos extravagances.

Ah î que d’aveuglement, quand, raisonnant en fous ,

Nous voulons que le ciel soit moins sage que nous ;

Quand , sur ce qu’il connaît qui nous est nécessaire ,

Nos imprudents désirs 11e le laissent pas faire ,

Et qu’à force de vœux nous tâchons d’obtenir Ce qui nous est donné souvent pour nous punir î La naissance d’un fils fut ma plus forte envie;

Mes souhaits en faisaient tout le bien de ma vie.;

Et ce fils que j’obtiens est fléau rigoureux

De ces jours que par lui je croyais rendre heureux.

De quel œil , dites-moi , pensez-vous que je yoie Ces commerces honteux qui seuls font votre joie ;

Ce scandaleux amas de viles actions Qu’entassent chaque jour vos folles passions ;

Ce long enchaînement de méchantes affaires Où du prince pour vous les grâces nécessaires Ont épuisé déjà tout ce qu’auprès de lui

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