‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 395 sur 417 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

D. JUAN, SGANARELLE

Mourez quand vous voudrez , il ne m’importe guère.

Ah ! que sur ce jargon, qu’à toute heure j’entends ,

Les pères sont fâcheux qui vivent trop longtemps!

SGANARELLE

Monsieur...

D. JUAN

Quelle sottise à moi , quand je l’écoute

SGANARELLE

Vous avez tort.

D. JUAN

J’ai tort?

SGANARELLE

Eh!

D. JUAN

J’ai tort?

SGANARELLE

Oui sans doute

Vous avez très-grand tort de l’avoir écouté Avec tant de douceur et tant d’honnêteté.

Le chassant au milieu de sa sotte harangue ,

Vous lui deviez apprendre à mieux régler sa langue. A-t-on jamais rien vu de plus impertinent?

Un père contre un fils faire l’entreprenant !

Lui venir dire au nez que l’honneur le convie A mener dans le monde une louable vie !

Le faire souvenir qu’étant d’un noble sang ,

11 ne devrait rien faire indigne de son rang !

Les beaux enseignements! C’est bien ce que doit suivre Un homme tel que vous, qui sait comme il faut vivre ! De votre patience on se doit étonner.

Pour moi , je vous l’aurais envoyé promener.

fACTE IV, SCÈNE V.

Page 1